François-Joseph Gossec : l’ami français méconnu de Mozart

François-Joseph Gossec : l’ami français méconnu de Mozart

Jusqu’en 1789, François-Joseph Gossec fit rapidement parler de lui en tant que compositeur et connut une grande ascension. Mais sous le règne du consulat de l’Empire, on le considère comme dépassé hors des modes de son temps. L’évolution irrésistible du compositeur est très intéressante et témoigne des goûts musicaux de l’époque. Découvrez qui est François Joseph Gossec.

 

Jeunesse musicale

François-Joseph Gossec, né en 1734 à Vergnies, est non seulement compositeur mais aussi violoniste, directeur d’opéra, et pédagogue français.
Né sous Louis XV, François Joseph Gossec naquit deux ans après Joseph Haydn. Il a 16 ans quand il apprend la mort de Jean-Sébastien Bach et 22 ans à la naissance de Mozart, qui deviendra plus tard, son ami. La mort de Jean-Philippe Rameau est annoncée alors que Gossec est âgé de 30 ans.

À l’âge de six ans, François-Joseph Gossec est placé à la maîtrise de Saint-Aldéconde de Maubeuge. Il y apprend le Clavecin, le Violon, la Composition sous la direction de Jean Vanderbelen. En 1742, alors élève d’André-Joseph Blavier, il intègre la maîtrise de la cathédrale Notre-Dame d’Anvers.
À 17 ans, il est engagé comme violoniste par l’Orchestre de La Pouplinière. Il est reçu à la franc-maçonnerie et devient membre de la loge parisienne “La réunion des Arts“.

Entre 1762 et 1770, en tant que maître de la musique, il dirige le théâtre du prince de Condé à Chantilly. Puis, a servi deux autres princes : le Prince du Sang et le Prince de Conti, en tant qu’intendant de la musique.
En 1780, il devient directeur adjoint de l’Opéra. Après la démission d’Antoine Dauvergne en 1782, François-Joseph Gossec devient directeur général. Cependant, ses pouvoirs et attributions sont limités car ils entrent en conflit avec les pouvoirs du secrétaire d’État à la maison du Roi et du comité des artistes.

En 1784, il quitte la direction du comité et dirige la nouvelle École royale de chant et de Déclamation, fondée par le baron de Breteuil, et qui par la suite, deviendra le CNSMD de Paris, dont il est membre du directoire.

Nommé compositeur officiel pendant la Révolution française, il fut aussi le musicien le plus respecté sous Napoléon Ier.

Le CNSMD de Paris a connu bien des changements et des évolutions. Découvrez maintenant l’histoire d’un des conservatoires de France les plus reconnus.

 

François Joseph Gossec : l’ami français méconnu de Mozart
François Joseph Gossec

Ses débuts parisien

En 1751, Gossec quitte Anvers pour Paris, dans l’espoir de trouver une place dans le monde musical de la capitale. Il rencontre Jean-Philippe Rameau, dont il devient le protégé, et rejoint l’Orchestre du fermier général de Paris, Alexandre Le Riche de La Pouplinière, dont il sera le directeur en 1756 jusqu’à la disgrâce de son protecteur en 1762.

François-Joseph Gossec progressa en tant que compositeur, en particulier dans le domaine de la symphonie naissante. On lui doit 48 symphonies et 6 symphonies concertantes, dont la Symphonie “périodique” qui paraît comme un feuilleton. Gossec est considéré comme le « père » de la Symphonie Française.

En plus des œuvres symphoniques, Gossec a également tenté l’Opéra-Comique. Si les scènes de la Comédie-Italienne lui ont apporté un certain succès, trop d’échecs l’ont finalement fait abandonner ce genre musical. D’autant plus que la concurrence est rude face à des compositeurs tels que Philidor, Monsigny ou Grétry.

Toutefois, la musique religieuse semble avoir plus de succès pour lui : sa Missa pro defunctis, composée en 1760, aura beaucoup de succès et présente quelques similitudes avec le Requiem de Mozart. Ce qui indique que la Missa de Gossec aurait pu influencer le jeune compositeur Mozart. Cela est encore plus vrai depuis que les deux compositeurs ont noué une amitié sincère lors de la visite de Mozart à Paris en 1778.

François Joseph Gossec : l’ami français méconnu de Mozart
Wolfgang Amadeus Mozart

 

Le compositeur de la Révolution Française

À côté de son travail de compositeur, François Joseph Gossec débute une carrière rythmée par l’occupation de postes importants : la direction du Concerts des Amateurs, où il monte ses propres oeuvres mais aussi celles de ses amis. Puis il dirige le Concert Spirituel, dans lequel, il organise et programme des oeuvres provenant de compositeurs étrangers, telles que des motets de Jean-Sébastien Bach et des Symphonies de Joseph Haydn. En 1775, on le nomme Maître de Musique à l’Opéra dont il deviendra le directeur adjoint en 1780.

À partir de 1789, Gossec participe à la Révolution Française. Il a écrit plus d’une vingtaine d’œuvres patriotiques, dont l’Offrande à la liberté en 1792, qui contient la première orchestration de l’hymne nationale, la « Marseillaise ». L’Oeuvre rencontra un énorme succès. Un an plus tard, il crée Le Triomphe de la République pour commémorer la bataille de Valmy en France. Il a écrit la dernière symphonie consacrée à la cause révolutionnaire pour célébrer le 20ème anniversaire de la prise de la Bastille : la “Symphonie à 17 parties en fa majeur”.

Dans ces œuvres, Gossec utilise un langage musical qui peut enflammer des idées révolutionnaires et susciter la ferveur populaire. Comme exemple, avec son Te Deum, composé pour la fête de la Fédération, interprété par 4000 chanteurs, 300 instrumentistes à Vent de la Garde nationale et 300 tambours. l’Oeuvre Te Deum a eu lieu au Champ de Mars à Paris devant 300 000 personnes réunies.

Au centre de la tourmente révolutionnaire, François Joseph Gossec continue d’occuper des postes hauts et importants : en 1790, il est instituteur de musique à la Garde nationale et est nommé à l’Institut National de Musique, puis devient professeur de composition au Conservatoire de Paris.

 

François Joseph Gossec : l’ami français méconnu de Mozart
François Joseph Gossec

Conclusion

Après les années turbulentes de la Révolution, l’heure n’est plus aux fêtes nationales. Depuis, François Joseph Gossec a partagé son temps entre la composition et le Conservatoire, où il enseigna à de jeunes talents prometteurs, comme Ferdinand Hérold, qui reçut en 1812, le Premier prix à Rome. François Joseph Gossec, tomba progressivement dans l’oubli et mourut en 1829 à l’âge de 95 ans. Gossec fût inhumé au cimetière du Père-Lachaise et repose près de son ami, le compositeur Étienne Nicolas Méhul.

 

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