L’histoire du CNSMD de Paris

L’histoire du CNSMD de Paris

Le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMD de Paris) est un établissement public administratif chargé de la formation professionnelle en musique, en danse et en sciences et techniques du son. Le conservatoire fait partie des membres associés de l’Université Paris sciences et lettres. Comme de nombreux conservatoires de France, le CNSMD de Paris dispose d’une riche histoire. Découvrons-la ensemble.

 

Origine et acte de naissance

Louis XIV crée le Conservatoire Royal de Musique par un brevet délivré le 28 juin 1669. L’académie est reliée à la maison du roi. En outre, conformément à l’ordonnance du Conseil d’État du roi du 3 janvier 1784, l’École Royale de Chant et de Déclamation a été créée et prit place dans l’hôtel des Menus-Plaisirs. L’école se place  sous la houlette de François-Joseph Gossec. Ces deux institutions ont été parmi les premiers signes de la volonté de structurer et de formaliser l’enseignement du théâtre et de l’art musical en France.

Sous l’impulsion de Bernad Sarette, la Révolution ajoute l’École de Musique Municipale, en juillet 1792, à l’École Royale de Chant. Et ce, à partir du corps de musique de la Garde Municipale. Les deux entités ont réussi à établir, le 8 novembre 1793, la première ébauche d’une institution unique dédiée à la formation des musiciens. En plus de former des musiciens, la mission du Conservatoire est de concevoir une méthode pour chaque discipline. Mais aussi de participer aux fêtes nationales. L’Institut National de Musique, créé par décret de la Convention Nationale est doté d’un budget distinct. Et sera dirigé par François-Joseph Gossec.

Seulement deux ans plus tard, par une loi du 3 Août 1795 et selon le rapport d’un ami de Bernard Sarrette, Marie-Joseph Chénier, la Convention sous la présidence de Jean-Marie Heurtault de Lammerville décide de créer l’établissement du Conservatoire de Musique, en lieu et place de l’Institut National de Musique. La nouvelle structure est gérée par un comité de direction. Principalement composé de François-Joseph Gossec, Étienne Nicolas Méhul, André Grétry et Luigi Cherubini.

L’enseignement se limite aux disciplines instrumentales, en particulier les Cordes et les Vents. Dès la première année, le nombre d’étudiants est de 600.

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Portrait de François-Joseph Gossec

L’Empire du CNSMD de Paris

Bernard Sarrette est nommé directeur en 1800 et occupe ce poste durant tout l’Empire.

La mission de l’établissement s’est étendue et assure dorénavant la formation des futurs résidents de l’Opéra-Comique, du Théâtre-Italien et de la Comédie-Française. Une École de Déclamation est ainsi fondée le 3 mars 1806. Et ce, au sein du Conservatoire de Musique et porte le nom de Conservatoire de Musique et de Déclamation. Des cours de danse, de déclamation lyrique et dramatique, de “maintien théâtral” et de “mouvement du corps” viennent s’ajouter et compléter le plan d’enseignement.

En 1806, François-Antoine Habeneck fonde l’orchestre des étudiants avec lequel, jusqu’en 1815, il interprétera de nombreuses représentations lors des célèbres “exercices d’élèves”, dont les premières auditions françaises de multiples symphonies de Beethoven. Le Grand Prix de Rome et la Bibliothèque sont également établis durant le directorat de Bernard Sarette.

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Portrait de François-Antoine Habeneck

En temps de guerre

Suite aux précédents directeurs, ayant renforcé les disciplines et enseignements, Henri Rabaud, succédant à Gabriel Fauré, ouvre de nouvelles classes. Il fait appel à des personnalités de l’époque pour en prendre la direction : Paul Dukas, Marcel Moyse, Yves Nat et Charles Munch (ce dernier pour la direction d’orchestre, en 1939).

Plus tard, Claude Delvincourt se voit confier la difficile tâche de diriger l’établissement pendant l’occupation allemande et les troubles d’après-guerre. Afin d’éviter l’embrigadement d’élèves appelés au service du travail obligatoire, le nouveau directeur a créé l’Orchestre des Cadets en 1943. Et qui resta après la guerre l’un des fleurons de l’école.

De nombreux cours, s’ouvrent sous sa direction : Le cours de Saxophone en 1942, le cours élémentaire d’Histoire de la Musique en 1946, celui de Percussions en 1947, Pédagogie, Culture Générale et Esthétique (1947), Musique de Chambre et bien d’autres cours.

Delvincourt a également nommé des professeurs renommés, dont Pierre Fournier et André Navarra, Norbert Dufourcq, Lucette Descaves et Olivier Messiaen.

En 1946, Delvinvourt, mène à bien la séparation de la musique et de l’art dramatique, créant ainsi le Conservatoire National d’Art Dramatique. Le Conservatoire de Musique prend alors le titre de CNSMD de Paris, Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris.

 

L’histoire du CNSMD de Paris
Dessin à l’aquarelle d’un saxophoniste

Le CNSMD de Paris aujourd’hui

En 1945, Delvincourt souligne que l’étroitesse des locaux de la rue de Madrid devient de plus en plus sensible chaque année. C’est donc Marc Bleuse qui se charge de préparer, 40 ans plus tard, l’implantation du CNSMD de Paris. Dans le projet de Cité de la Musique, conjuré par le président Mitterrand en 1984. Et c’est Alain Louvier, qui a assuré le déménagement et l’installation de l’établissement à la Villette.

De Marc Bleuse et Alain Louvier à Xavier Darasse et Marc-Olivier Dupin, l’enseignement du CNSMD de Paris a continué à se diversifier durant cette période. Ce qui entraîna la division de l’organisation en neuf départements. Pour la plupart de création récente : Musique ancienne, Son, études chorégraphiques, Jazz et musiques improvisées, Pédagogie.

Cette rénovation pédagogique se traduit également par la création de nouveaux cours. Notamment : Nouvelles technologies, Direction de chœur grégorien, Polyphonie de la Renaissance, écriture du XXe siècle, Culture musicale, Ethnomusicologie et Musique de film. La création du Diplôme de Formation Supérieur en 1994 en est un autre exemple. Alain Poirier, mettra en œuvre de nombreux projets. Notamment la mise en place des trois cycles de LMD (licence-master-doctorat), afin de se conformer au plan défini dans la Déclaration de Bologne. Tout en conservant ses valeurs, le CNSMD de Paris a su se développer de façon remarquable. Et ce, tout au long de son histoire. La mise en place d’un programme d’enseignement supérieur européen au CNSMD de Paris est l’une des plus récentes preuves de cette adaptabilité, mise au service d’une meilleure reconnaissance des diplômes, d’une plus grande mobilité européenne des élèves et de la valorisation de la recherche. Après un bref passage de Pascal Dumay, nommé directeur du Conservatoire en 2009, Bruno Mantovani prit la relève de 1oût 2010 à Juillet 2019. Emilie Delorme lui succède le 1er janvier 2020.

En 1980, le deuxième Conservatoire National Supérieur apparait à Lyon. De nouvelles dispositions statutaires consolidées en 2009 concernant les deux établissements publics à caractère administratif de Lyon et de Paris, placés sous la tutelle du ministère de la Culture et de la Communication. 

 

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Conservatoire National Supérieur Musique et Danse de Lyon

Conclusion

Le CNSMD de Paris est né avec deux institutions très différentes : l’École Royale de Chant et de Déclamation et l’École de Musique Municipale. Au fur et à mesure, l’établissement a fini par se diversifier. Mais a surtout évolué pour arriver au Conservatoire que nous connaissons aujourd’hui. Le but premier du CNSMD de Paris aura toujours été de dispenser un enseignement musical de haut niveau. Cela en fait donc l’un des établissement de formation de la musique le plus sélectif de France.

 

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