La famille des instruments à percussion

La famille des instruments à percussion

Depuis l’Antiquité, les instruments à percussion accompagnent la musique, les danses et les rituels des peuples. En Occident, ils se fondent progressivement dans l’orchestre en formant une partie de plus en plus imposante. Au fil des années, leurs différents rôles ont évolué ainsi que leur effectif. Des instruments de musique de culture non occidentale, se sont ajoutés aux percussions traditionnelles, formant ainsi une source d’inspiration plus importante pour les compositeurs.

 

L’origine des instruments à percussion

La Timbale semble être à l’origine de l’utilisation des percussions dans la musique occidentale. Dès l’Antiquité, cet instrument de musique était souvent associé aux Trompettes pour en rehausser l’éclat. Plus tard, elle occupera une place de choix dans la musique royale, la musique de cour et même la musique religieuse de Bach ou de Haendel.

La Timbale a fini par trouver sa vraie personnalité à l’époque Romantique : c’est à ce moment qu’elle reçoit le titre d’instrument de musique. Les œuvres de Beethoven, Brahms, de Tchaïkovski, de Wagner mais surtout de Berlioz témoignent de cette évolution. Par exemple, l’utilisation des Timbales chez Beethoven sert d’abord à imposer le rythme à l’orchestre, à conclure un accord ou à attaquer en solo une phrase rythmique, tandis que Brahms insiste plus sur la couleur des sons. Les Timbales sont parfois utilisées comme soutien pour les instruments solistes de l’orchestre.

Au Moyen Âge et à la Renaissance, les percussions jouaient généralement un rôle secondaire dans la musique instrumentale profane. Mais ce rôle changera peu à peu. Ainsi au XIIe siècle, les percussions se consacreront à la musique militaire, où on les mélange aux Timbales et aux Trompettes.

Depuis le milieu du XIXe siècle, l’importance de la percussion s’est considérablement développée et a atteint un rôle de premier plan durant le dernier tiers du XXe. Depuis Berlioz, son influence et son impact sont considérables. Ce dernier a créé un orchestre de percussions à l’intérieur du grand orchestre symphonique : il écrit pour deux Timbaliers utilisant au moins huit Timbales dans la plupart de ses œuvres. Dans son Requiem de 1837, Berlioz disposait de 8 Timbaliers pour 16 Timbales.

Outre Berlioz, c’est notamment hors de France que l’usage des percussions sera approfondi, plus particulièrement en Russie et en Espagne avec les compositeurs Nikolaï Rimski-Korsakov et Manuel de Falla. Ainsi, en raison d’un intérêt marqué pour le rythme, le début du XXe siècle assiste à l’augmentation de la section des percussions dans l’orchestre. Le rôle et l’importance de cette famille d’instruments a évolué pour passer d’un rôle secondaire à un rôle de premier plan. Elle s’enrichit avec de nombreux instruments et la liste des œuvres qui lui sont consacré ne cesse de s’allonger. Nous pouvons affirmer que la famille des percussions fait aujourd’hui partie intégrante de l’orchestre, au même titre que celles des cordes et des vents.

 

La famille des instruments à percussion
Manuel de Falla

La famille des percussions

La famille des percussions se compose de divers typologies d’instruments.
Nous pouvons y retrouver des sous-familles classées de deux manières :

  • Les instruments de musique avec des sons déterminés, ceux qui produisent des sons à hauteurs reconnaissables (Timbales, Métallophone, Marimba, etc)
  • Les instruments aux sons indéterminés, sans que nous puissions clairement reconnaître une hauteur de son (Grosse caisse, Cymbales, Triangle, etc)

Ou bien, ils sont classés selon leur matériau de base :

  • Les peaux : les Timbales, la Caisse claire, les Bongos, la Grosse caisse…
  • Les bois : les Claves, le Wood-block, le Temple-block, le Guiro…
  • Les métaux : les Cymbales, le Triangle, le Gong ou Tam-tam, les Cloches…
  • Les claviers et lames sonores : le Marimba, le Célesta, le Xylophone, le Métallophone, le Vibraphone, le Glockenspiel…

La Timbale est l’instrument le plus fréquemment présent, elle est situé la plupart du temps à l’arrière de l’orchestre. Trois à quatre Timbales, chacune accordée sur une note différente, sont frappées par des mailloches.

Non loin de la Timbale peuvent se trouver le Gong, la Cymbale, le Triangle, la Grosse caisse et la Caisse claire.

 

La famille des instruments à percussion
Instrument Wood-block

Vous souhaitez en savoir plus sur la famille des instruments à vents ? Nous vous donnons toutes les informations dans cet article.

Les instruments à percussion

Du bruit sourd et puissant de la Grosse caisse, à celui des Clochettes, au roulement du Tam-tam ou encore aux notes claires du Triangle, les percussions produisent d’innombrables sons.

Les principaux instruments de percussion sont les Timbales. Comme la Trompette dans l’ensemble de cuivres, les Timbales sont des instruments militaires utilisés au combat pour transmettre des ordres. Aujourd’hui, un orchestre symphonique se compose de trois à quatre Timbales, aux côtés de bon nombre d’autres instruments.

Voici une courte présentation de quelques-uns d’entres eux :

Le Marimba

Le Marimba est un instrument de percussion majestueux et populaire dans l’entièreté de l’Amérique latine. Ce serait un mélange du Balafon africain et d’instruments précolombiens. Il s’est totalement intégré dans la musique traditionnelle locale. C’est au Guatemala et au Salvador, que le Marimba prend sa forme la plus sophistiquée.

Aujourd’hui, de plus en plus de compositeurs venant de l’occident l’intègrent dans leurs œuvres orchestrales et créent pour l’instrument des pièces solistes ou de musique de chambre.

 

Déchiffrage sight-o

Le Tambour de basque

Le Tambour de basque, également connu sous le nom de Tambourin, est un instrument de percussion répandu et renommé qui fait partie de l’orchestre. Le Tambourin se compose d’un court cylindre en bois qui agit à la fois de manche et comme une petite caisse de résonance, dont le diamètre varie de vingt à cinquante centimètres. Sur le dessus du Tambourin est tendue une membrane en peau d’animal qui sert de surface de percussion. Des petites pièces de métal sont insérées dans la partie en bois et s’entrechoques lors du jeu sur la peau de l’instrument.

La technique de jeu du Tambourin varie beaucoup selon les civilisations. Certains peuples tiennent le Tambourin d’une main pour ainsi jouer de l’autre et d’autres le tiennent et le battent des deux mains.

À savoir, que dans la plupart des civilisations, les Tambourins sont joués à mains nues, sauf, par exemple, les Tambourins irlandais – aussi appelé Bodhrán – sont joués grâce aux extrémités d’une seule et même baguette.

 

La famille des instruments à percussion
Instrument Marimba

Le Flexatone

Le Flexatone est un instrument de percussion métallique qui a la particularité de pouvoir moduler la note obtenue, en courbant plus ou moins la plaque vibrante. L’effet peut être comique ou inquiétant selon la partition. Son utilisation est très courante dans les bruitages de dessins-animés.

Les Agogo bells

Les Agogo bells sont des instruments à percussion de la famille des percussions idiophones. Sans battant intérieur, cette double cloche possède une forme conique et joue un rôle important dans les structures rythmiques de ses répertoires, à l’image de la Cloche à Cuba par exemple.

Originaire d’Afrique, l’Agogo bells est présent dans les musiques latines, notamment dans les musiques Brésiliennes.

Cette percussion métallophone comprend en général deux cloches coniques dépendantes , mais quelques fois se compose de trois cloches.

Les Agogo bells se frappent avec une batte faite de bois ou de métal et cette cloche peut être disposée dans un ensemble de divers instruments de percussion, comme l’ont démontré de nombreux percussionnistes du XXIe siècle.

 

La famille des instruments à percussion
Instrument Agogo bells

 

Conclusion

Les percussions existent depuis la nuit des temps et ce dans toutes les cultures, notamment dans les musiques d’Amérique, d’Asie et d’Afrique. Elles ont longtemps été sous utilisé en Europe. Cependant, elles sont progressivement fait leur entrée dans l’orchestre vers le milieu du XIXe siècle, et auront fini par voir leur rôle passer au premier plan.

 

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La famille des instruments à vent

La famille des instruments à vent

Les instruments à vent constituent une grande famille, dont le son est produit par le souffle des musiciens mettant en vibration des anches simples, doubles ou encore leurs propres lèvres, amplifiées par une embouchure. Ils sont divisés en deux sous-familles : les Bois et les Cuivres. Une caractéristique importante des instruments à vent est la forme interne du tube, appelé perce, qui détermine le timbre de chaque instrument. La perce est soit cylindrique, soit conique, ou plus rarement un mélange des deux.

 

L’origine des instruments à Vent

Il est dit que les instruments à vent remontent à la préhistoire. Une Flûte en os percé de trous a été découverte au Pays Basque, datée d’environ 20 000 ans avant Jésus-Christ. D’autres Flûtes paléolithiques et néolithiques ainsi que des Trompes irlandaises et danoises datant de l’âge du bronze ont également été découvertes. Le bassin méditerranéen, à savoir l’Egypte, la Mésopotamie, la Grèce et Rome, a laissé de nombreux vestiges d’instruments à vent.

L’invention de l’anche est une étape importante dans l’histoire de l’artisanat des Bois, que la languette soit taillée directement dans la paroi de l’instrument ou indépendante de celui-ci et fixée à lui. Concernant les cuivres, l’invention d’un piston permettant la gamme chromatique tempérée a été sans aucun doute un moment important de leur évolution technique. Grâce au mécanisme du piston, la colonne d’air est éloignée de sa trajectoire ordinaire et traverse un tube additionnel dont la longueur est calculée pour qu’apparaissent de nouvelles fondamentales et leurs harmoniques.

 

La famille des instruments à vent

Les Bois

Le nom de cette sous-famille fait référence au matériau utilisé pour fabriquer ces instruments. Mais il existe quelques exceptions : par exemple, la Flûte traversière et le Saxophone sont en métal. Le critère pour classer les instruments à vent dans cette sous-famille est la façon dont les notes sont produites en bouchant ou en débouchant les trous situés le long du tube de chaque instrument.

Voici quelques-uns des instruments faisant partie de la sous-famille des Bois :

Hautbois

Le Hautbois est un instrument fabriqué en bois d’ébène et possédant de nombreuses clés en métal.

Comparé à une Clarinette pour laquelle l’anche est simple, celle du Hautbois est double.

Le Hautbois est un instrument au son fruité, doux et mélodieux.
Il existe plusieurs variantes du Hautbois : le Hautbois baroque, d’amour, moderne, le Cor anglais, et bien d’autres.

 

La famille des instruments à vent

Clarinette

La Clarinette d’étude est la plupart du temps composée de plastique. Celles plus raffinées, seront travaillées en bois de grenadille.

La Clarinette possède plusieurs clés et trous. Pour jouer de cet instrument, il faut se munir d’une anche simple. C’est cette anche qui crée le son en vibrant suivant le souffle du musicien.

C’est un instrument populaire qui existe depuis bien longtemps. Mozart et bon nombre de compositeurs ont créé de magnifiques partitions pour cet instrument.

 

Déchiffrage Clarinette

Saxophone

Le Saxophone est un instrument à anche simple en laiton, proposant un son chaud et chantant.

Voici les différents modèles de la famille des Saxophones, dont les plus utilisés sont, du plus aigu au plus grave :

  • Le Saxophone Sopranino
  • Le Saxophone Soprano
  • Le Saxophone Alto
  • Le Saxophone Ténor
  • Le Saxophone Baryton
  • Le Saxophone Basse
  • Le Saxophone Contrebasse

L’instrument est composé de trois parties principales:

  • Le bec : sur lequel se place une anche, faite de bois, qui vibre et produit ainsi le son. L’anche est tenue sur le bec grâce à la ligature
  • Le bocal : qui est droit chez les Sopraninos et Sopranos, courbé chez les Altos et Ténors et entortillé chez les Barytons, les Basses et les Contrebasses
  • Le corps : duquel se trouve à l’extrémité le pavillon, une partie ronde d’où sort majoritairement le son

Envie de débuter au Saxophone mais vous ne savez pas lequel choisir ? Découvrez dans cet article les conseils qui pourront peut-être vous aider.

 

Les Cuivres

Les instruments de cette sous-famille sont principalement fait de laiton, et non en cuivre, ce métal étant trop mou. Mais il y a là aussi quelques exceptions : par exemple, le Cor des Alpes est entièrement fabriqué en bois. Les instruments à vent de cette sous-famille produisent leur son via le souffle plus ou moins intense des musiciens propulsé dans le “tuyau“. Plus précisément, grâce à la mise en vibration des lèvres de l’exécutant, amplifiée par l’embouchure de l’instrument. Pour certains instruments, la hauteur du son est déterminée par l’allongement ou le raccourcissement de la longueur du tube, par exemple avec un système de pistons ou une coulisse.

Voici quelques-uns des instruments faisant partie de la sous-famille des Cuivres :

Trompette

La Trompette est un instrument de musique à vent très ancien, faisant partie de la famille des Cuivres clairs. Elle est fabriquée dans un tube de 1,50 m de long comme le Cornet. Le laiton est le matériau utilisé pour fabriquer la Trompette. En effet, environ 70 % de la Trompette est fabriquée avec du laiton. Pour jouer de cet instrument, nous utilisons souvent 3 pistons ainsi que, bien sûr, la mise en vibration des lèvres de l’instrumentiste.

 

La famille des instruments à vent

Tuba

Le Tuba est un des instruments les plus imposants de la sous-famille des Cuivres. Il est composé d’un pavillon, d’une embouchure, d’une branche d’embouchure, de pistons, ainsi que d’une coulisse d’accord. Dû à ses différentes tailles et formes, le Tuba constitue une sous-famille des Cuivres à part entière, qui comprend différentes sortes d’instruments.
C’est au XIXe siècle que le Tuba prend sa forme actuelle grâce à l’invention des pistons. Il avait alors pour nomination “Bombardon“ puis “Hélicon”.

Cor

Le Cor est un instrument à vent de la famille des cuivres. Son nom vient des cornes avec lesquelles furent conçues, autrefois, les premières formes de l’instrument.

C’est un instrument qui a beaucoup évolué au cours des siècles. Les appellations de Cor de chasse, Cor à pistons, Cor d’harmonie, Cor naturel, Cor simple représentent un même instrument, le Cor, à divers degrés d’élaboration, à divers lieux et époques, où son emploi pouvait différer de celui que nous connaissons actuellement.

Après la famille des instruments à Vent, pourquoi ne pas en apprendre d’avantage sur la famille des instruments à Cordes ? Nous traitons le sujet dans cet article.

 

La famille des instruments à vent

Ces cas particuliers

Il existe toutefois quelques cas particuliers concernant les instruments à vent :

  • l’Accordéon : Concernant cet instrument, le son est bien produit par de l’air et sa mise en vibration, cependant ce n’est pas le souffle du musicien qui le produit, mais bien l’actionnement du soufflet de l’instrument

 

  • l’Orgue : Bien que joué avec un ou plusieurs claviers, l’Orgue est également un instrument à vent car c’est l’air d’une soufflerie qui produit les sons, traversant une flopée de tuyaux métalliques à sifflet (une soufflerie électrique dans les orgues contemporains, mais manuelle dans les orgues historiques)

 

Conclusion

Parmi les instruments de la famille des instruments à vent, une grande majorité est populaire et répandue: La Trompette, le Saxophone ou encore la Clarinette. Cependant une grande partie de ces instruments ne l’est que beaucoup moins, tels que le Clairon ou le Saxhorns qui méritent eux aussi de connaître leur moment de gloire.

 

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L’histoire de l’orchestre

Après L’histoire de l’Opéra et Les différents types d’orchestre, abordons l’histoire de l’orchestre. Mais tout d’abord qu’est-ce qu’un orchestre ? Un orchestre est un ensemble de musiciens instrumentistes assemblés pour exécuter une œuvre musicale, très souvent dirigé par un chef d’orchestre. En fonction du compositeur, du genre, du répertoire, ou encore de l’époque, le nombre qui forme la combinaison peut varier. Découvrez sans plus tarder les origines de l’orchestre.

 

Les débuts de l’orchestre

Dès le XVe siècle, les chapelles royales et seigneuriales contenaient déjà des instrumentistes formant un petit orchestre afin d’agrémenter les réceptions, banquets, les bals et de manière générale, divertir. La danse est alors la forme instrumentale la plus répandue, et ce, sous plusieurs variétés : les danses lentes, modérées et vives.

Dans les divertissements, les danses étaient groupées et alternées entre les lentes et les rapides. De là, naît la suite de danses, qui est à l’origine des grandes formes instrumentales futures : sonate, concerto et symphonie.

Durant les siècles suivants, le nombre de ces ensembles instrumentaux ne cesse d’évoluer en fonction de la richesse des mécènes.

La Grande Bande fut instituée en 1626 après que “Les Vingt-quatre Violons du Roi“ de Louis XIII soient renforcés à plusieurs reprises par “Les Douze Grands Hautbois de la Grande écurie“ et ensuite réunit. Ils sont régulièrement soutenus par des Trompettes et des Timbales. De plus, La Petite Bande – dirigée d’une main de fer par Jean-Baptiste Lully – avec l’appui de plusieurs Flûtes traversières, Hautbois et Basson, agrémente les divertissements de Louis XIV, participant aux opéras et aux ballets que le roi appréciait beaucoup.

Mais l’orchestre symphonique naît véritablement au XVIIIe siècle avec l’abandon de la Basse continue. De là, les compositeurs structurent leurs accompagnements autour de l’orchestre à cordes et de quelques pupitres de vent en binôme, quelquefois complétés par des Timbales. Cela se fait de façon progressive en fonction des genres musicaux. Parmi les premiers à composer des symphonies, citons John Stamitz en 1755, François-Joseph Gossec et Joseph Haydn en 1759. Ces œuvres sont particulièrement dédiées à cette formation naissante. Toutefois chacune a un effectif différent : l’orchestre de Gossec contient 45 musiciens, l’orchestre de Stamitz contient 20 musiciens en 1756 (46 musiciens en 1782) et enfin, celui d’Haydn dispose de 23 exécutants.

D’ailleurs saviez-vous que François-Joseph Gossec était l’ami de Mozart ? Découvrez en plus sur lui dans cet article. 

 

Louis XIII

 

La famille des instruments à vent se diversifie rapidement en commençant par les bois. Dès le début jusqu’à la moitié du XVIIIe siècle, les deux Bassons sont les bois les plus présents de l’orchestre, tout d’abord accompagnés de deux Hautbois, quelques fois de deux Flûtes, puis de deux Clarinettes. Des parties de Piccolo et de Contrebasson font leur apparition dans le finale de la Symphonie n° 5 de Beethoven en 1808. Ensuite en 1829, vient le Cor Anglais qui se dévoile dans l’ouverture de l’opéra Guillaume Tell de Gioachino Rossini. C’est en 1872 que le Saxophone Alto fait son apparition dans l’Arlésienne de Georges Bizet, mais son emploi ne se fait que rarement dans l’histoire de l’orchestre symphonique.

Concernant les cuivres, les Trompettes et les Cors font vite partis de l’orchestre, mais il faudra attendre l’opéra Don Giovanni de Mozart pour entendre les trois voix de Trombones (Alto, Ténor, Basse), suivi de la Symphonie n°5 de Beethoven.

L’orchestre passe progressivement d’une cinquantaine de personnes à plus d’une centaine. Cela est due au rôle de plus en plus important des vents qui requiert un rééquilibrage des cordes.

 

Introduction de la Direction d’Orchestre

Les origines

À la fin de la Renaissance, le chef dirige avec la partie de Basse Continue (Clavecin et Violoncelle), qui donne les départs et la ligne fondamentale. Les méthodes de Continuo au Clavecin donnent d’ailleurs des indications sur la façon dont il faut battre la mesure.

Au Moyen âge, pour se distinguer et représenter leur fonction, les chefs de chœur tiennent un bâton dans leur main gauche, tandis qu’ils marquent les temps de la droite. Parmi, eux, un a eu un jour l’idée de battre la mesure avec ce bâton, afin de rendre la battue plus claire. Cependant, une canne pouvait aussi être utilisée.

En France, la complexité des représentations d’opéra contraint le chef d’orchestre de l’Opéra de Paris à mener les spectacles plus ou moins bruyamment avec son bâton. D’ailleurs, le compositeur Jean-Baptiste Lully mourra de la gangrène, suite à un coup de canne qu’il s’est infligé sur le pied lors d’une répétition houleuse. Jean-Baptiste Rey fut le dernier chef de l’opéra à diriger avec une canne. Avec la période Classique, l’importance du Continuo diminue progressivement et les cordes dans l’orchestre occupent une place de plus en plus importante. C’est donc au premier Violon de donner les indications importantes de rythme et de phrasé avant que ce rôle ne disparaisse peu à peu au début du XIXe siècle. Toutefois, dû à une écriture de plus en plus complexe et un nombre croissant d’exécutants, les premiers Violons sont progressivement obligés de donner certaines instructions depuis leurs archets.

 

L’Histoire de l’orchestre
Jean-Baptiste Lully

La naissance du chef d’orchestre

Il faut attendre le XIXe siècle pour que le chef d’orchestre s’impose et devienne indispensable, alors que la complexité des partitions est croissante.

C’est Louis Spohr qui a laissé à la postérité, les lettres de repères sur les partitions pour simplifier les répétitions d’orchestres, ainsi que la baguette de direction moderne.

Après Louis Spohr, Carl Maria von Weber et Felix Mendelssohn furent les premiers chefs d’orchestres à utiliser une baguette ou un archet face à orchestre, et non plus face aux spectateurs, afin de diriger les musiciens et ce à la surprise des orchestres et du public lui même. En effet, bon nombre étaient assez confus et extrêmement réticents face à cette pratique “indécente” qui consistait à tourner le dos au public.

Certaines résistances seront longues à surmonter. Ce n’est qu’au milieu du XIXe siècle, en Angleterre, que le premier Violon cède la place au chef d’orchestre.

Hector Berlioz et Richard Wagner ont été les premiers compositeurs à se rendre compte des particularités de la tâche du chef d’orchestre et à se concentrer sur la direction, sans être instrumentistes. En effet, jusqu’à présent, les compositeurs étaient généralement leurs propres interprètes, à la fois instrumentistes et chefs occasionnels, mais cela ne garantissait pas toujours de bons résultats…

Ce type de spécialisation les amène à approfondir leur réflexion sur leur art, mais également à une meilleure compréhension des possibilités de l’orchestre, le chef d’orchestre devenant un interprète à part entière et non plus un simple coordinateur. Après eux, les chefs souhaitent donner une perspective personnelle de l’oeuvre, obligeant à des progrès constants dans la technique de direction, de façon à obtenir une palette d’expression de plus en plus étendue.

 

L’Histoire de l’orchestre
Carl Maria von Weber

Curieux(se) sur l’origine de la Clarinette ? Découvrez toute son histoire dans cet article

L’âge moderne

Ce qui entraînent les compositeurs à définir des nouvelles exigences de mise en place ainsi que des précisions rythmiques sont la croissance permanente de la qualité des exécutions et la maîtrise toujours plus approfondie de l’écriture orchestrale. La musique du XXe siècle conduit donc à une conception plus rigoureuse du rythme et un respect plus important d’une orchestration très précise.

Le rôle de chef d’orchestre devient alors primordial dans la bonne réussite d’un concert. Aujourd’hui, dans les interprétations historiques, l’intérêt pour le chef égale celui pour le compositeur aux yeux du public.

 

Conclusion

Le nombre d’exécutants augmente au fur du temps, et certains instruments deviennent de plus en plus présents dans les orchestres et à contrario, d’autres instruments sont moins employés. Mais surtout, aujourd’hui les chefs d’orchestres sont reconnus comme des personnes nécessaires à un orchestre, pourtant cela n’a pas du tout été le cas. Ce qui montre que l’orchestre n’a jamais fini d’évoluer.

 

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Les musiciens du Titanic : qui sont-ils et que sont-ils devenus ?

Les musiciens du Titanic : qui sont-ils et que sont-ils devenus ?

Le Titanic heurta un iceberg de trente mètres de haut le 14 avril 1912 à 23h40, au large de Terre-Neuve, ce qui éventra la coque du paquebot à tribord. En quelques heures seulement, le plus grand paquebot du monde sombrait. Alors que le navire coulait, un groupe de musiciens continua de jouer même lorsque leur destin fût scellé, tentant d’apaiser la foule. De cette légende pourtant vraie, plusieurs questions se posent : qui sont ces musiciens ? et surtout, quelle est la dernière œuvre qui fut jouée sur le Titanic ? Voyons cela ensemble.

 

Présentation des musiciens

Edith Rosenbaum Russell, une femme américaine et l’une des dernières survivantes du Titanic, parla à la télévision française en 1963 et fit quelques déclarations. À ses côtés durant le naufrage, se trouvaient huit musiciens, tous employés de la White Star Line, la compagnie maritime du Titanic. Ces musiciens s’appelaient Wallace Hartley, Georges Krins, Theodore Brailey, Percy Taylor, John Clarke, John Hume, Wes Woodward et Roger Bricoux, un violoncelliste français, qui n’avait que 20 ans lors du naufrage.

Ces jeunes musiciens disparus dans le naufrage sont aujourd’hui considérés comme des héros. Plusieurs témoins ont expliqué que les musiciens ont joué des airs de musique légère, des Valses et du Fox-Trot, et ce ensemble pour la dernière fois cette nuit-là. L’officier Charles Lightholler, l’un des rescapés, a affirmé se souvenir d’avoir entendu de la musique Jazz et a déclaré que cette musique l’avait aidée à calmer les passagers et à organiser le sauvetage de plusieurs centaines d’entre-eux.

Wallace Hartley

Wallace Hartley est né dans une famille d’ouvriers textiles dans la ville de Colne, dans le Lancashire, où il a passé la première moitié de sa vie. Durant son adolescence, lui et sa famille déménagent à plusieurs reprises dans le Yorkshire : à Huddersfield, ensuite à Leeds et enfin à Dewsbury. Après leur déménagement dans le Yorkshire, Wallace Hartley réussit à convaincre son père de lui permettre de poursuivre une carrière musicale. Il a joué au Harrogate Kursaal et a dirigé l’orchestre municipal de Bridlington. Pendant un certain temps, il tourne avec les Moody-Manners et les compagnies d’opéra Carl Rosa.

La carrière musicale de Wallace Hurtley l’a ensuite emmené en mer, là où il rejoint la ligne Cunard, naviguant d’abord sur le Lusitania , puis rejoignant son navire jumeau le Mauretania en tant que chef d’orchestre. C’est la veille du départ du Titanic que Wallace a dû quitter le Mauretania pour devenir chef d’orchestre dans le célèbre bateau, le temps d’un voyage. Offre qu’il accepta à contrecœur. Wallace Hartley meurt lors du naufrage à l’âge de 33 ans.

On retrouva le corps de Wallace Hartley serrant son étui à Violon, accompagné d’une valise contenant l’instrument, accrochée à son uniforme. L’instrument sur lequel furent jouées les dernières notes entendues des passagers, fut vendu plus d’un million d’euros lors d’une vente aux enchères, faisant de l’instrument l’un des objets retrouvés les plus chers du Titanic.

 

Les musiciens du Titanic : qui sont-ils et que sont-ils devenus ?
Le Violon et l’étui de Wallace Hartley vendu à plus d’un million d’euros

Georges Krins

Georges Krins est un violoniste belge, né à Paris , mais ayant grandi dans la ville de Spa en Belgique. Et c’est dans cette ville que Georges s’intéresse à la musique et suit des cours à l’Académie de Spa. Il étudie au Conservatoire de Liège en 1902. En 1908, il finit ses études avec le premier prix décerné à l’unanimité. À cette époque, il joue dans un orchestre spadois “la Grande Symphonie”. En 1910, Georges Krins est engagé pour une saison à l’hôtel Ritz de Londres. Il part en mars 1912 pour travailler comme musicien sur le Titanic.

Georges Krins était premier Violon et dirigeait un trio. La compagnie du Titanic voulait créer une atmosphère française, c’est pour cela que Roger Bricoux et Georges Krins étaient présents dans l’orchestre. Georges Krins meurt lors du naufrage à l’âge de 23 ans.

Saviez-vous qu’il existe plusieurs types d’orchestre ? Symphonique ou encore philarmonique, nous vous les présentons dans cet article.

Theodore Brailey

Theodore Ronald Brailey est né à Walthamstow. Il a étudié le Piano à l’école et a trouvé son premier emploi en tant que pianiste dans un hôtel de la ville.
En 1902, Theodore Brailey signe un contrat pour 12 ans, en tant que musicien dans le régiment Royal des Fusiliers du Lancashire, mais donna sa démission cinq ans plus tard.

Dès 1911, il embarqua dans de nombreux navires : la Saxe puis les Carpates, dans lequel il rencontra le violoncelliste français Roger Bricoux. Par la suite, les deux hommes furent recrutés par la société des frères Black, et rejoignirent la White Star Line pour faire partie du groupe de musiciens destiné à jouer à bord du Titanic. Theodore Brailey meurt également lors du naufrage alors qu’il était âgé de 24 ans.

 

Les musiciens du Titanic : qui sont-ils et que sont-ils devenus ?
Orchestre du Titanic

Percy Taylor

Concernant Percy Taylor, nous avons peu d’informations sur lui. Ce qui est su du public c’est que Percy Taylor a grandi et a vécu à Londres. Nous savons aussi qu’il jouait du Piano et du Violoncelle, c’est d’ailleurs les instruments qu’il pratiquait sur le bateau. Percy Taylor a pris la décision de signer pour embarquer sur le Titanic suite à un mariage malheureux. Il meurt à l’âge de 32 durant le naufrage.

John Clarke

John Clarke est un contrebassiste anglais né à Chorlton-cum-Hardy à Manchester, qui venait d’une famille de musiciens. Au moment de son recensement en 1911, John Clarke est décrit comme un musicien célibataire vivant avec sa mère et ses deux sœurs. Il était autrefois membre de l’orchestre de l’Argyle Theatre of Varieties, Birkenhead et avait également joué avec le Liverpool Philharmonic Band.

John Clarke embarque à bord du Titanic en tant que contrebassiste. Il avait déclaré qu’après ce voyage, il espérait se lancer à nouveau dans une saison musicale. Il meurt avec ses collègues à l’âge de 28 ans.

John Hume

John Hume était un violoniste écossais élevé dans une famille amatrice de musique. C’est son père qui lui apprit le Violon dès son plus jeune âge.

John Hume s’engage dans les orchestres de navires, en premier pour l’Anchor Line, suite à une carrière d’employé de bureau qui ne le satisfait pas. Il part ensuite sur des navires plus importants comme le Celtic et le Megantic puis sur l’Olympic auprès de Wes Woodward. Après l’accident avec le navire britannique “le Hawke“ en 1891, John Hume devient un temps chef de l’orchestre du Carmania avant de rejoindre le Titanic. Il était 1er Violon dans le groupe de musiciens. C’était la première fois qu’il faisait partie d’un orchestre. John Hume meurt à l’âge de 21 ans sur le Titanic.

 

Les musiciens du Titanic : qui sont-ils et que sont-ils devenus ?
Peinture d’Antonio Capel, 1960

Wes Woodward

John Wesley Woodward, où plus communément appelé Wes Woodward était un musicien né à Bromwich en Angleterre. C’était un violoncelliste doué et diplômé de la “Royal Academy of Music“ de Londres. Les compétences de Wes Woodward étaient très recherchées dans le cadre d’un ensemble, soliste et professeur.

C’est lorsqu’il déménage dans le Dorset et devient membre de l’orchestre municipal d’Eastbourne qu’il se fait connaître pour la première fois. À la suite, il rejoignit l’orchestre Von Leer du Grand Hotel d’Eastbourne et plus tard, l’orchestre d’Eastbourne du Duc de Devonshire. Wes Woodward devient un musicien professionnel, jouant également à Oxford.

À Eastbourne, il rejoint les musiciens de la White Star Line , jouant sur des navires transatlantiques. Le 10 avril 1912, il embarque à bord du Titanic pour son voyage inaugural pour faire partie des musiciens. Il meurt à l’âge de 32 ans durant le naufrage.

Roger Bricoux

Roger Bricoux est un violoncelliste français né à Cosne-Sur-Loire qui grandit dans la principauté de Monaco dans laquelle son père jouait du Cor depuis 1883 au sein de l’orchestre symphonique.

Il débuta ses études musicales avec son père et les musiciens de l’orchestre de Monte-Carlo, puis les a poursuivis à l’académie musicale de Bologne en Italie. Académie dans laquelle il décroche un premier prix. Il achève ses études au Conservatoire de Paris, avant de revenir à Monaco.

Roger Bricoux effectue des remplacements dans les orchestres de la Côte d’Azur qui se produisent durant l’hiver, et finit par se produire à l’Hôtel central de Leeds en Angleterre, en 1910, ou au Grand Hôtel du lion d’or, à Lille, en 1911. Au début de l’année 1912, Roger est engagé sur le Titanic suite à un contrat signé avec la Black Talent Agency, qui à l’époque, avait le monopole des orchestres de paquebots. Roger Bricoux meurt à l’âge de 20 ans lors du naufrage. Il était le plus jeune musicien de l’orchestre.

 

Les musiciens du Titanic : qui sont-ils et que sont-ils devenus ?

 

La dernière œuvre jouée sur le Titanic

Certains témoins ont expliqué que la dernière œuvre qu’ils ont entendue avant le naufrage du Titanic était “Songe d’automne”, une valse d’Archibald Joyce jouée tous les soirs par l’orchestre en trio ou en quintette.

D’autres ont déclaré avoir entendu pour la dernière fois l’hymne intitulé “Nearer, My God, to Thee“ soit “Plus près de toi mon Dieu”. Musique que l’on retrouve dans le film “Titanic“ de James Cameron, sorti en 1997.

Certains témoins et historiens soupçonnent que ce hymne fut la dernière oeuvre musicale jouée par les musiciens sur le Titanic. Par exemple, Vera Dick, une passagère canadienne a rapporté qu’elle fut la dernière chanson du groupe. Cependant, des rapports indiquent que Vera Dick était partie par canot de sauvetage une heure et vingt minutes auparavant et n’aurait pas pu assister à la dernière chanson des musiciens du Titanic. Le mystère concernant la dernière œuvre jouée sur le Titanic reste donc entier.

 

Conclusion

L’orchestre de musiciens du Titanic fait partie d’une des histoires les plus mystérieuses et légendaires du célèbre paquebot. Face à la panique des passagers lors du naufrage du Titanic, les huit membres se sont réunis dans le salon de première classe pour apaiser tout le monde. Alors que le navire continuait de couler, le groupe s’est déplacé vers l’avant du pont du bateau et a continué à jouer. Cette nuit-là, huit musiciens d’exception ont perdu la vie, en tentant d’apaiser les derniers instants des passagers du Titanic, n’ayant pas pu évacuer à temps le navire.

 

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Une brève histoire de la Clarinette

Une brève histoire de la Clarinette

La Clarinette est un instrument à vent à anche simple de la famille des Bois. On connaît surtout la Clarinette en Sib, qui chante sur trois octaves et une sixte, appréciée pour la qualité de son timbre allant du plus doux au plus incisif, pour la chaleur de son registre grave et la vivacité de son clairon. Mais bien d’autres types de Clarinettes existent : en La, en Mib et plus rarement en Ut. La palette expressive de l’instrument n’a – presque – aucune limite et fait de la Clarinette un excellent instrument de l’orchestre symphonique, des divers ensembles à vents ou de musique militaire en passant par le Jazz . Depuis son invention au début du 18e siècle jusqu’à nos jours, la Clarinette a parcouru bien du chemin. Parcourons en une portion ensemble !

 

La Clarinette à ses débuts

Le début du siècle des Lumières a connu un grand souffle de créativité musicale et d’inventions. Plus particulièrement en Europe, qui était le continent se trouvant au cœur de l’innovation : les inventeurs ne cessaient d’élargir l’ambitus des instruments, de rationaliser les doigtés et de rendre plus sûre la production de leurs sonorités.

Parmi les inventeurs, nous retrouvons en Italie, Bartolomeo Cristofori, qui en 1700, créa le premier Pianoforte. Ensuite, il y a en France, la dynastie des Hotteterre, plus précisément Jacques dit le Romain, qui va prendre part à la renommée des Bois. Et enfin, nous retrouvons en Allemagne, Johann Christoph Denner, l’inventeur de la Clarinette.

Johann Christoph Denner eut l’idée d’inventer la Clarinette vers 1690. À cette époque, le concepteur d’instruments de musique de Nuremberg voulait un nouveau modèle de Hautbois. De là, il eut l’idée de développer l’ancien Chalumeau français, qui a une période était évoqué sous le nom de “Chalemel”.

À l’époque, à la fin du 17e siècle, le Chalumeau avait huit trous, se composait d’un corps en buis, était déjà équipé de deux clés (La et Sib) et d’une anche simple, fixée sur le bec par un petit cordon. L’échelle des sons était alors très réduite, sa portée ne dépassait pas la dixième, la production d’harmoniques restant par ailleurs impossible.

Denner décida alors de prolonger le tuyau par un pavillon et de déplacer vers le haut la clé de Sib qui deviendra désormais la clé de douzième : la Clarinette était née.

 

Une brève histoire de la Clarinette

L’optimisation des sonorités

Plusieurs personnes contribuèrent à l’amélioration et au développement de la Clarinette d’origine. Parmi eux, il y a l’inventeur lui-même, Denner, qui songea à pourvoir le trou de Sib d’un petit tuyau de cuivre pour éviter l’accumulation d’eau à l’intérieur de l’instrument.

Cependant, même si la Clarinette chantait sur une étendue de près de trois octaves, elle ne tombait pas en dessous du Fa : il était donc impossible de produire un Si. Le fils aîné de Denner, Jacob Denner, corrige cette lacune en allongeant l’instrument jusqu’au Mi grave, lui donnant ainsi une nouvelle clé actionnée par le pouce droit.

C’est Joseph Beer, clarinettiste Bohémien, qui ajoutera la cinquième clé de la clarinette et participera à la révolution technique de l’instrument. Le musicologue du 19e siècle, François-Joseph Fétis, soulignait dans sa Biographie universelle des musiciens du monde, publiée à Bruxelles en 1837 que nous devons à Beer cette invention.

Jean Xavier Lefèvre ajoutera la sixième clé à la Clarinette vers 1791, afin que le Sol# du Clairon et le Do# du Chalumeau puissent être obtenus avec l’auriculaire de la main gauche. Toutefois, d’autres sources rapportent également le nom de Fritz Barthold pour la création de cette clé supplémentaire.

 

Une brève histoire de la Clarinette
François-Joseph Fétis

Choisir un instrument de musique selon sa personnalité, c’est possible ! Vous êtes plutôt ouvert d’esprit et téméraire ? Optez pour la Clarinette.

 

Les premières apparitions de la Clarinette

Séduit par les sons que produit la Clarinette, constamment améliorée, les compositeurs du début du 18e siècle lui rendent hommage. Tout d’abord, Vivaldi lui a décerné une place dans son Opéra “Juditha Triumphans” en 1716, et combina également les sons de deux Clarinettes et de deux Hautbois dans ses Concertos Grosso RV 559 et RV 560.

Mentionnons aussi Antonio Caldara en 1718, Telemann en 1719, et Jean Adam Joseph Faber, maître de chapelle de la cathédrale d’Anvers, qui écrit la messe de l’Assomption en 1720. En France, c’est Jean-Philippe Rameau qui sera le premier à renforcer l’orchestre des nouvelles sonorités de la Clarinette dans son opéra Zoroastre en 1749 ainsi que dans Acante et Céphise en 1751.

Quant à Mozart, il fait entendre la Clarinette pour la première fois dans son Divertimento K 113 en 1771, mais aussi dans son célèbre Concerto pour Clarinette K 622, ainsi que dans le Quintette pour Clarinette et Cordes K 581 en 1789. Deux pièces majeures qui seront dédiées au célèbre clarinettiste Anton Stadler. Cependant, le jeu de la Clarinette reste très subtil, mobilisant de nombreux facteurs dans une recherche pour rendre les doigtés de cet instrument plus rationnels, et surtout, plus ergonomiques. Son développement continuera donc.

 

Une brève histoire de la Clarinette
Jean-Philippe Rameau

L’évolution continue

L’instrument va connaître d’autres évolutions. Parmi elles, en 1810, Heinrich Barman proposa le retournement du bec12, positionnant ainsi l’anche sur la lèvre inférieure du musicien.  Ensuite, la Clarinette omnitonique à 13 clés soumise par Iwan Müller à la commission du Conservatoire de Paris pour examen en 1812 est nettement en avance sur son temps. L’idée de favoriser le jeu dans toutes les tonalités est également partagée par d’autres facteurs. Par exemple, Jean-Baptiste Dupont et Jean-Claude Labbaye ont proposé respectivement des Cors omnitoniques de leur conception en 1815 et 1820.

Malheureusement, Iwan Müller rencontrera une certaine pensée étroite de la part des membres de la commission, dirigée par Lefèvre (mais qui alors utilisera la Clarinette de Müller plus tard). Les membres de la commission rejetteront l’instrument. Une décision qui sera également prise pour le nouveau mécanisme de la Flûte de Théobald Boehm, en 1832.

L’instrument de musique de Müller est révolutionnaire, notamment le nouveau mécanisme à trous encastrés de forme biseautée. Müller utilise désormais des ligatures en métal pour fixer les anches, ce qui est plus pratique. En effet, la nouvelle Clarinette de Müller va susciter un grand enthousiasme chez les clarinettistes qui disposent désormais d’un instrument plus performant.

L’évolution à partir de Müller

Cependant, nombreux sont les amateurs de la Clarinette de Müller qui cherchent toujours à améliorer leur instrument. On peut notamment se référer au français Simiot, implanté à Lyon, qui fabriquera la Clarinette à 19 clés en 1828, mais on peut également compter les successeurs de Lefèvre, qui en 1845, ajoutent deux anneaux mobiles à la Clarinette à 13 clés. Il y a aussi Gyssens en 1852, qui garde les doigtés de Müller en combinant les avantages de justesse du système Boehm.

Il faut également citer le système allemand Oehler, qui s’inspire de la Clarinette de Müller, mais dont la mécanique est très complexe. Ainsi que les frères Albert de Bruxelles, qui profiteront de la Clarinette de Müller au travers d’une perce un peu plus large. Et enfin, à noter qu’il y a aussi une Clarinette à 15 clés et 2 anneaux, plus connue sous le nom de demi-Boehm, qui combine les avantages de la clarinette Müller et la Clarinette système Boehm.

 

Une brève histoire de la Clarinette

Conclusion

Aujourd’hui par Clarinette, nous désignons généralement toute une famille d’instruments transpositeurs, allant du registre aigu au grave. Ils diffèrent donc en tonalité, ainsi qu’en taille. Pour en arriver à la Clarinette que nous connaissons actuellement, l’instrument à traversé bien des époques et des itérations, au gré des évolutions de la technologie et des pensées musicales.

Cet article a été écrit sous la supervision de Nelson Malléus, clarinettiste, compositeur, chef d’orchestre, orchestrateur, ingénieur du son et concepteur de logiciels à destination des compositeurs et musiciens à travers la marque Inouï Samples.

 

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La musique Moderne

La musique Moderne

Après la période Classique et celle du Romantisme, vient la musique Moderne, apparaissant vers la fin du XIXe et début XXe siècle (environ 1870 jusqu’à la Seconde Guerre mondiale). L’ère Moderne est marquée par de grandes révolutions technologiques, politiques et sociale de la société occidentale. Le monde de la musique profite de cet élan et s’inspire des progrès technologiques de l’époque. Quant aux compositeurs, ils cherchent à s’émanciper des anciennes règles musicales et cherchent continuellement de nouvelles façons de créer la musique. De là, de nouveaux genres musicaux apparaîtront dans le monde entier, comme le Blues, le Gospel puis le Jazz aux Etats-Unis.

Introduction à la musique Moderne

La fin du XIXe siècle voit la musique Wagnérienne se répandre dans toute l’Europe. Cette hégémonie quelque peu “étouffante” pour la plupart des compositeurs de l’époque, va s’estomper progressivement grâce à l’émergence du courant impressionniste dont Claude Achille Debussy sera l’un des emblèmes. “Le Prélude à l’Après Midi d’un Faune” en 1894, est un évènement et serait probablement le point de départ véritable de l’ère Moderne.

Cette époque est caractérisé par un mouvement des compositeurs, dû aux situations de tensions politiques et de guerres. L’Avant-guerre de 1914, constate l’arrivée de plusieurs musiciens à Paris venant de divers pays confondus (Russie par exemple, où le contexte politique est difficile), entrainant parfois quelques manifestations et scandales dans le milieu artistique. Ensuite, les années 30 verront de nombreux compositeurs s’exiler outre-Atlantique (Schoenberg, Stravinsky, Bartok, Hindemith et bien d’autres), devant la montée du Nazisme.

Au niveau musical, cette période est celle du doute : on a assisté à l’expansion de la tonalité puis à son écroulement progressif. Face à la suspension de tonalité, certaines théories ont émergé : adhérer aux six tons (Claude Debussy), aux douze demi-tons, et abolir la fonction harmonique (déjà proposée par Wagner et Franck) pour aboutir à une polytonalité harmonique ou oser l’accord de douze sons. Par conséquent, l’abolition de la tonalité engendre une nouvelle conception du temps musical.

Les chants grégoriens et la polyphonie de la Renaissance  sont estimés de nouveau et remis à l’honneur, inspirant ainsi à la modalité, tout comme la découverte des musiques ethniques a favorisé l’intégration de nouvelles gammes (la gamme pentatonique chinoise) et les douze demi-tons de Schoenberg conduit au sérialisme. Face à l’éclat du langage musical, la période entre les deux guerres mondiales est pleine de multiplicités musicales et artistiques : le Jazz, la polytonalité, le Music-hall se rapproche du néoclassicisme naissant. Cependant, certains novateurs tenteront de faire exploser d’autres paramètres, comme ceux du timbre et du rythme, ou de travailler à un son “brut“.

Curieux(se) sur la période précédant celle du Moderne ? Découvrez la musique Romantique et son histoire 

 

Face à tant de bouleversements et de ruptures, il n’est pas surprenant que le néoclassicisme ait attiré de nombreux compositeurs tentant de rétablir, dans les années 1920/1940, le contact avec des structures formelles, des rythmes et une harmonie déjà éprouvée. Cette période a connu un bref retour aux traditions anciennes avant la prochaine rupture de l’après-guerre 1945.

La musique Moderne
Béla Bartók

Une période artistique foisonnante

La période Moderne se caractérise par une effervescence des arts dans toutes l’Europe, mais particulièrement en France, où Paris est un centre névralgique.

Les arts graphiques ne sont pas en reste. Des peintres comme Picasso participent par exemple à la création de décors pour les Ballets Russes. Les costumes du Sacre du Printemps de Stravinsky, sont tout aussi osés et originaux.

Les différentes formes d’arts, s’inspireront les unes les autres. À partir des années 1900, on voit de nombreux courants artistiques forts émerger tels que le réalisme, le futurisme, le primitivisme, l’expressionnisme, le folklorisme, le néoclassicisme, le cubisme, le surréalisme.

À l’ère moderne, l’originalité s’encourage grandement. De nombreux compositeurs expérimentèrent le succès grâce à des œuvres très originales pour l’époque. Citons par exemple Stravinsky avec “Le Sacre du Printemps” et son scandale lors de sa première, ou encore Erik Satie avec “Parade”.

La composition et l’écriture

À l’ère moderne, les musiciens/chercheurs étaient en permanence en quête de nouveaux codes d’écritures musicales capables de transposer les émotions. La tonalité s’élargira puis déclinera, résultant à une nouvelle conception du temps musical et une utilisation novatrice du rythme. Furent exploités le système modal et la série dodécaphonique (douze tons).
Les œuvres musicales de cette période se sont développées à partir des trois principes suivants : la tonalité, la modalité et les séries dodécaphoniques.

La tonalité et la modalité

Tous deux sont des langages musicaux nés des siècles précédents. La musique modale s’oppose à la musique tonale qui utilise uniquement les deux modes majeur et mineur.

La série dodécaphonique

Le dodécaphonisme est une technique de composition mise au point par Arnold Schönberg en 1923. Il s’agit une série d’intervalles de douze sons différents, ayant chacun la même importance dans la gamme et qui ne doivent pas se répéter tant que cette gamme n’a pas été écrite complètement. Cette série sera utilisée pour la transcription des sons et l’arrangement des flux de mélodies de manière plus structurée. La série à douze sons peut être utilisée sous différentes formes lors de la composition :

  • La forme droite ou originelle
  • La forme rétrograde ou en récurrence lorsque la série est prise par la fin
  • La forme miroir ou en renversement lorsque l’intervalle ascendant devient descendant et vice versa
  • La forme rétrograde du miroir ou en récurrence du renversement.

C’est à partir de la série dodécaphonique qu’apparaît la musique dodécaphonique. Un genre musical écrit à partir des techniques de composition se basant sur les six tons et des douze demi-tons de la gamme chromatique. Le style dodécaphonique est d’abord adopté par les élèves de Schönberg avant de toucher les autres musiciens de l’époque.

La musique Moderne
Arnold Schönberg

La diffusion de la musique Moderne

Grâce aux avancées technologiques de l’époque. La musique peut être enregistrée, différée et répétée. La période Moderne verra l’invention de l’électricité, de l’enregistrement sonore en 1877, puis du phonographe et du gramophone. Le phonographe a été le premier appareil utilisé pour reproduire la musique. Il utilise des processus mécaniques pour reproduire le son. Le gramophone, quant à lui, est l’ancêtre du tourne-disque. C’est un appareil qui lit la musique enregistrée sur un disque.

Des inventions suivront tout au long du siècle et la diffusion de la musique se développera avec l’avènement de la radiodiffusion. Ce sera le début de l’industrie musicale et elle va permettre à la musique de se populariser et devenir une élément culturel de masse.

La musique Moderne
Phonographe

Les styles de la musique Moderne

Le style Wagnérien a commencé à se répandre au début de la période moderne. Ensuite, cette tendance est remplacé par l’avènement de la musique dite Impressionniste puis la musique de Ballet. L’Ethnomusicologie fait peu à peu son entrée dans l’imaginaire des compositeurs. En effet, la découvert de traditions musicales folkloriques a suscité l’enthousiasme et l’intrigue. Des compositeurs comme Stravinsky ou encore Bartok s’en inspireront profondément. En 1889 par exemple, pendant l’Exposition universelle de Paris, la ville a présenté au public la musique Arabo-Andalouse et la musique Indienne.

Le pluralisme stylistique de la période moderne

Contrairement à d’autres périodes, il n’y a pas d’uniformité de style dans la période Moderne. C’est l’époque d’exploration des genres. De nombreux compositeurs prôneront l’ouverture, tandis que d’autres maintiendront une attitude conservatrice envers le style des époques précédentes. Par exemple, Claude Achille Debussy puisera certaines de ses influences dans la musique orientale, dont les harmonies seraient “raffinées et les sonorités évocatrices”. Sa musique contribuera à l’avènement du style impressionniste, que des compositeurs comme Maurice Ravel continueront de perpétuer et magnifier.

En raison de l’introduction de nouveaux genres musicaux de différents pays et cultures, le style de la musique moderne est vite devenu très riche. La musique occidentale a été influencée par les rythmes, les sons, les mélodies et les techniques de la musique espagnole, arabe, africaine, asiatique et indienne. Un mélange osé d’expérience sonore et esthétique qui aura alors inspiré de nombreux compositeurs.

La musique Moderne
Claude Achille Debussy

Conclusion

L’une des principales caractéristiques de la Musique Moderne est son émancipation du système tonal, hégémonique depuis le XVIIe siècle. La fin du XIXe et le début du XXe siècle, ont éliminé ce système tonal pour de nouveaux systèmes tels que l’atonalisme, le dodécaphonisme, le sérialisme. Ces trois principales techniques seront le terreau de la musique contemporaine après la Seconde Guerre Mondiale.

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La famille des instruments à Cordes

La famille des instruments à Cordes

La famille des instruments de musique à Cordes est immense et parfois définie de manière incomplète. Une caractéristique commune cependant : le son est produit grâce à la mise en vibration d’une ou plusieurs cordes à l’aide d’un archet, des doigts, d’un plectre ou de tout autre système mécanique. Parmi ces instruments, il y a les instruments à cordes pincées (cordes qui vibrent grâce aux doigts ou à un plectre), frottées (cordes qui vibrent grâce à un archet) ou frappées (à l’aide de marteaux). L’organologie les classifie dans la catégorie des Cordophones. L’histoire des instruments à Cordes date de plusieurs milliers d’années. Il se dit que les premiers n’avaient qu’une corde, tout comme l’Arc musical. Il existe une multitude d’instruments à Cordes, mais dans cet article nous vous n’en présenterons que quelques-uns.

 

L’origine des instruments à Cordes

Les tous premiers instruments à Cordes à apparaître furent les Arcs musicaux. C’est en tirant leurs flèches que les chasseurs ont remarqué que la corde produisait un son lorsqu’elle vibrait.

La vibration d’une corde se créée lorsque nous la pinçons, grattons, frottons ou frappons.

Puisque d’origine le son est trop faible, il doit donc être amplifié par une caisse de résonance. Il peut s’agir d’un fruit séché ou calebasse, un trou dans la terre ou encore une caisse en bois.

Le son se produit par la vibration des cordes, elles peuvent donc être joués de plusieurs façon :

  • En les pinçant: en utilisant les doigts ou les ongles, par l’intermédiaire d’un plectre ou d’un mécanisme
  • Par frappement à l’aide de baguettes ou d’un marteau
  • Par frottement, grâce à un archet ou une roue

A l’origine, la corde est faite de fibres végétales, de crin ou de soie, de tendons et de boyaux d’animaux. Mais depuis le XVIIè siècle, la corde est entourée d’un fil de métal en cuivre, en fer en ou acier ou d’un fil de fibres synthétiques. L’intensité du son de la corde et son timbre est dû à la caisse de résonance. C’est là que l’air est mis en vibration, en en décuplant le son.

 

La famille des instruments à Cordes
Peinture réalisée par Fort Nadine

Vous souhaitez acheter votre premier Violon, mais vous ne savez pas comment choisir ? Découvrez dans cet article les critères importants à prendre en compte pour faire votre choix 

 

Les instruments à Cordes frottées

Concernant les instruments à Cordes frottées les plus connus en Occident, il y a le Violon, l’Alto, le Violoncelle et la Contrebasse.

Ces quatre instruments sont progressivement apparus dans le nord de l’Italie en Crémone au début du XVIe siècle. Les crins de l’archet sont enduits de colophane pour qu’ils puissent adhérer aux cordes et les faire vibrer.

Parmi leurs ancêtres nous retrouvons les Vièles et les Violes. Ce sont également des instruments à archet. L’archet a lui été importé d’Orient via Byzance vers le Xème siècle et change le style d’un grand nombre d’instruments dont les cordes étaient jusqu’alors pincées. Nous distinguons ces instruments parmi les autres grâce à la présence d’un chevalet, du creusement du corps latéralement et des ouïes.

Les cordes frottées forment la famille la plus importante de l’orchestre. Plus de la moitié des musiciens tirent à l’archet. Les cordes frottées sont placées dans la première rangée entourant le chef d’orchestre. Plus l’instrument est grand, plus son archet est court, de sorte que lorsqu’il appuie, le musicien a plus de puissance.

 

déchiffrage instrument à cordes

Le Violon

Dans un orchestre symphonique nous pouvons retrouver deux voix de Violon : les Violons 1 et les Violons 2. Joué avec un archet ou en pizzicato (qui signifie cordes pincées), le violon possède 4 cordes qui sonnent comme tel partant du grave : SOL, RÉ, LA, MI. Les violonistes lisent en clef de SOL uniquement.
Voici quelques caractéristiques du Violon :

  • C’est l’instrument le plus petit et le plus aigu de la famille des instruments à cordes
  • Dans l’orchestre, ce sont en général les Violons 1 qui jouent le chant et les Violons 2 le contre-chant ou l’accompagnement
  • Pour jouer, le violoniste positionne l’instrument entre son épaule gauche et son menton

L’Alto

L’Alto est un instrument un peu plus gros que le Violon, et il n’est pas rare de confondre les deux. Et tout comme le Violon, il est membre du quatuor à cordes. L’Alto a également 4 cordes, à savoir : DO, SOL, RÉ et LA. Les altistes lisent principalement en clef d’UT 3e ligne mais parfois en clef de SOL.

Voici quelques caractéristiques de l’Alto :

  • l’Alto est joué de la même manière que le Violon, la différence se trouve au niveau de la taille
  • Dû à sa taille un peu plus grande, l’Alto émet un son plus grave
  • Son timbre est plus doux, moins sonore
  • Il est souvent utilisé pour jouer les “batteries” dans l’orchestre, c’est-à-dire un accompagnement qui se répète

 

La famille des instruments à Cordes
Viole

Le Violoncelle

Le Violoncelle, instrument également membre du quatuor à cordes, est placé au sol sur sa pique. Le Violoncelle comporte aussi 4 cordes qui sonnent DO, SOL, RÉ, LA en allant du grave à l’aigu. Il se joue avec un archet ou en pizzicato. Les violoncellistes lisent principalement en clef de FA, mais également en clef d’UT 4 et en clef de SOL.

Voici quelques caractéristiques du Violoncelle :

  • Comparé au Violon, le Violoncelle est plus gros de plus d’un mètre
  • Le violoncelliste place l’instrument entre ses genoux et appuie son manche sur son épaule gauche
  • Le son d’un Violoncelle est beaucoup plus grave que celui du Violon, et son timbre est plus chaud
  • Une pique en métal dépasse de l’instrument et permet de caler sur le sol

La Contrebasse

La Contrebasse est l’instrument le plus imposant. Il ne fait pas partie du quatuor à cordes traditionnel, mais joue un rôle crucial dans l’orchestre symphonique. Comme le Violon, l’Alto ainsi que le Violoncelle, il se joue avec un archet mais aussi en pizzicato. Les notes des cordes de l’instrument MI, LA, RÉ et SOL en partant du grave. Toutefois, certaines Contrebasses possèdent 5 cordes ou bien un rajout sur la corde de MI (corde grave) pour jouer des sons plus graves.

Voici quelques caractéristiques de la Contrebasse :

  • C’est l’instrument le plus gros et le plus grave de la famille des Cordes frottées jouées à l’orchestre
  • Dû à sa taille imposante de 2 mètres, le contrebassiste doit jouer debout ou assis sur un tabouret

 

La famille des instruments à Cordes
Les différentes parties d’un Violoncelle

Les instruments à Cordes pincées

Les instruments à Cordes pincées sont très différents entre eux. Certains, comme le Luth, ont des cordes de la même longueur, d’autres, comme la Cithare, ont des tailles différentes, et d’autres encore possèdent un manche comme la Guitare.
Si les Luths, les Lyres, les Cithares et les Harpes étaient très présents et joués dans l’Antiquité, seuls la Harpe, le Clavecin et plus rarement la Guitare ont été reçus par l’orchestre moderne.

La Lyre

La Lyre est apparue en Égypte, il y a environ 5000 ans. Dans la mythologie grecque, il est dit qu’Hermès fabriqua la première Lyre avec une carapace de Tortue. La Lyre est l’instrument national de l’Ethiopie, malgré qu’elle ne subsiste que dans certains pays d’Afrique, elles accompagnent toujours les chants traditionnels.

La Harpe

La Harpe est un instrument sophistiqué, qui se trouve particulièrement en Europe. Il existe des modèles plus primaires : la Harpe arquée ou la Harpe angulaire, largement utilisées en Afrique et en Asie. La Harpe voyageât et fit son apparition en Europe, premièrement en Irlande. Parmi tous les instruments, c’est celui qui possède la plus large étendue (six octaves et demie). La Harpe à double mouvement a été inventée par Sébastien Erard vers 1810.

La Guitare

La Guitare est l’un des instruments les plus populaires de tous. Elle se prête aussi bien au jeu solo qu’à l’accompagnement des chants et des danses. Depuis le XVIIIe siècle, les Guitares possèdent 6 cordes. Il en existe cependant de nombreux dérivés : Pandore, Guitare basse, Ukulélé, Banjo, Guitare de jazz, Guitare électrique, Basse électrique…

 

La famille des instruments à Cordes
Sébastien Erard

Les instruments à Cordes frappées

Un instrument à cordes frappées est un instrument de musique dont les cordes sont battues manuellement ou mécaniquement, à mains nues ou avec des marteaux, des mailloches ou des baguettes. Concernant la famille des Cordes frappées, l’instrument le plus connu reste le Piano, instrument à clavier dont les cordes sont battues par de petits marteaux recouverts de feutre. Le Piano possède 36 touches noires et 52 touches blanches.

En appuyant sur une touche, un mécanisme propulse une pièce en bois recouverte de feutre sur la corde et la fait résonner. C’est le marteau.
Dès lors que l’on relâche la touche, un étouffoir se met sur la corde pour arrêter la résonance.

Parmi les instruments à cordes frappées, il y a le Tympanon, le Clavicorde, le Cymbalum, le Tambourin à Cordes et bien d’autres.

Conclusion

Parmi les instruments de la famille des Cordes, une grande majorité est connue et répandue : Violon, Alto, Contrebasse. Cependant une grande partie de ces instruments ne l’est que beaucoup moins, tels que le Clavicorde ou le Cymbalum qui méritent eux aussi de connaître leur moment de gloire. La plupart étant des instruments vivants, traditionnels, surprenants, dont des modèles s’intègrent parfaitement dans une harmonie ou un orchestre symphonique.

La musique Romantique

la musique romantique

Le XIXe siècle marque le début d’une nouvelle période connue sous le nom de Romantisme. Ce mouvement, qui s’étend d’environ 1800 aux années 1890, est incarné en Europe dans tous les domaines de l’art (poésie, peinture, musique, architecture, etc.). Le terme Romantisme est issu de la tendance littéraire allemande de 1800-1830, qui évoque entre autre l’irrationalité, les rêves, les sentiments, la sensibilité. Dès la période Classique, le mouvement allemand “Sturm und Drang” traduit par tempête et passion, montre le début de cette musique tumultueuse et passionnée. Les compositeurs de la période Romantique se sont initiés à ce style en grande partie grâce à l’influence de Ludwig van Beethoven et ses oeuvres “absolues”.

 

Introduction à la musique Romantique

La musique Romantique est avant tout un mouvement révolutionnaire. Cependant, les mentalités des périodes passées restaient bien présentes et des compositeurs tels que Schubert, Schumann ou Brahms ne pouvaient pas complètement rompre avec leur héritage. La musique Romantique recherche l’intimité dans les émotions musicales et les salons, tandis qu’en même temps, le développement de la facture instrumentale pousse paradoxalement à la virtuosité et à l’évolution de la matière sonore : l’orchestre est devenu de plus en plus important, et le piano acquiert un nouveau volume sonore.

Les statuts des musiciens évoluent également, ce qui les rend indépendants au XIXe siècle. Depuis des siècles, les musiciens tiennent leur subsistance d’un mécène ou d’une organisation dont la plus importante était l’Eglise. Jusque-là, la plupart des œuvres créées étaient des commandes, avec un seul objectif clair : faire briller leur commanditaire.
Bach était “soumis” à des cours ; Haydn était au service du prince Esterházy ; Mozart bien que devenu un musicien libre ne dépendant plus d’aucune organisation, voyait la plupart de ses œuvres être des commandes. Beethoven est l’héritier de tout cela. En mettant la noblesse à son service, au lieu de l’inverse, il devient un musicien libre et indépendant.

Saviez-vous que dans la période Baroque, Jean-Sébastien Bach composait ses œuvres à la demande de ses mécènes?

 

Les musiciens romantiques excellent également dans des domaines autres que la composition : interprètes (Chopin, Liszt), écrivains (Berlioz, Schumann, Wagner), théoriciens et chefs d’orchestre.

Suite au différents évènements politiques du XIXe siècle accompagné du déploiement d’un nationalisme exacerbé, les artistes s’isolent et se réfugient dans leurs propres valeurs nationales. Les style et genres s’opposent régulièrement d’un pays à l’autre. Le cas le plus parlant est celui de l’opéra Wagnérien, qui “écrasera” toute l’Europe pendant une grande partie de la seconde moitié du siècle. Un grand nombre de compositeurs européens auront bien du mal à se défaire de l’emprise stylistique du compositeur allemand. La fin de cette domination arrivera avec le courant impressionniste Français, porté par Claude Debussy.

On peut distinguer plusieurs phases dans la musique du XIX° siècle :

  • 1800/1830 : les débuts du romantisme
  • 1830/1850 : apogée
  • 1850/1890 : le romantisme tardif

 

La musique romantique
Ludwig Van Beethoven

 

Le style de musique et le langage musical

La musique Romantique reprend tous les genres et styles de la période Classique, en les adaptant aux valeurs de la révolution Romantique. La “Symphonie” créée à l’époque classique a évolué dans des formes plus riches et plus raffinées en raison de l’avancement du système harmonique et tonal. De plus, l’Opéra, transcende les frontières de l’Italie pour s’importer dans d’autres pays européens, parfois dans des formes plus légères (Opérette). De nouveaux genre apparaissent, tels que le Lied, les Poèmes Symphoniques et les Drames musicaux.

Dans le langage musical, les récits racontent l’amour, la passion et la tourmente de l’humanité. De plus, es compositeurs s’inspirent alors des grandes œuvres littéraires de l’époque et utilisent d’avantage un instrument qui deviendra l’un des emblèmes de ce siècle : le Piano.
Le langage musical se complexifie et les compositeurs, grâce à des instruments en plein développement, façonnent les sons qui imitent ceux de la nature et de son imaginaire. Autre point important, l’époque Romantique fait la part belle à la virtuosité instrumentale.

 

La musique romantique
Richard Wagner

 

Les formes musicales évoluées

Ces genres introduits à partir de la période Classique, furent considérablement développés et magnifiés tout au long du XIXe siècle.

  • La Symphonie Romantique a remplacé le Concerto Grosso. Beethoven en fait l’une des formes de musique les plus populaires de son répertoire (mais pas que). La Symphonie se développa jusqu’au début du XXe siècle. Elle deviendra l’un des genre les plus prestigieux de la musique Romantique et l’un des plus populaires auprès des compositeurs
  • La Symphonie vocale est une variation de la Symphonie. Il s’agit d’une oeuvre instrumentale exécutée par un soliste sur un fond lyrique et poétique. L’un de ses compositeurs emblématiques est Gustav Mahler
  • La Symphonie pour instrument soliste est une autre évolution musicale de la Symphonie quand les compositeurs écrivent des symphonies sur un seul instrument. À l’époque, c’était le Piano et l’Orgue. Citons la Symphonie N°3 de Camille Saint-Saëns
  • Le Concerto hérité de l’ère Classique, évolue dans son thème et son esthétique. Il permettra aux compositeurs de repousser les limites de la virtuosité instrumentale
  • L’Opéra Romantique dont le foyer est d’abord Paris, puis Bayreuth, grand fief de l’Opéra Wagnérien.

 

la musique romantique
Robert Schumann

 

Les nouvelles formes musicales

Elles sont issue de l’imagination affranchie des compositeurs.

  • La Musique Absolue ou musique pure, est une musique instrumentale jouée dans sa forme la plus pure, pour exprimer les émotions du compositeur

 

  • À l’inverse de à la musique absolue, la Musique à Programme. Elle est censée illustrer une thématique ou une histoire qui est souvent présentée en amont au public, à l’aide d’un Programme. La Symphonie Fantastique d’Hector Berlioz est une des oeuvres fondatrices du genre

 

  • La Musique de Chambre est une forme de représentation très prisée durant la période Romantique, à travers laquelle les artistes peuvent transmettre des émotions plus intimes au public, mais aussi innover de manière plus libre et radicale. Les derniers Quatuors à Cordes de Ludwig van Beethoven en sont une parfaite illustration

 

  • Le Poème Symphonique est un genre musical accompagné d’un orchestre symphonique. Ce genre porte principalement sur des sujets littéraires, philosophiques, descriptifs ou même picturaux. Il est peut être accompagné d’un chœur ou d’une voix de soliste. Plus tard, le poème symphonique fut quelque peu rejeté, surtout dans la volonté de séparer l’œuvre musicale de l’influence littéraire. Stéphane Mallarmé était opposé à la mise en musique de ses poèmes, jusqu’au jour où il tomba en admiration du “Prélude à l’après midi d’un Faune” de Claude Debussy

 

  • Le Lied, traduit de l’allemand par “chant”, est un poème que l’on chante  en compagnie d’un Piano ou d’autres instruments de musique. D’origine allemande, le Lied fait partie du genre de la “petite forme”, à contrario de la Symphonie, qui elle, fait partie du genre de la “grande forme”. Le Lied se compose sur plusieurs thèmes : l’amour, les voyages ou encore la nuit. Le Lied apparaît avec le développement du Piano forte, qui l’accompagne souvent

 

  • Les formes de Piano Romantique : le Piano était au cœur de la création des compositeurs de l’ère Romantique. Les formes dites du “Piano Romantique” sont : la Sonate, le Prélude, les Études, la Ballade, le Nocturne, le Scherzo, la Fantaisie, la Fugue, l’Impromptu et les pièces de danse

 

la musique romantique
Frédéric Chopin

 

Conclusion

Les différents nationalismes européens ont porté avec passion le foisonnement créatif de la musique du XIXe siècle. Le Romantisme se terminera sur une opposition avec le Classicisme, qui s’évertuait à se placer au-dessus des nations et à tenir un langage universel. Le Romantisme reste l’une des périodes les plus riches et les plus passionnantes de l’histoire de la musique occidentale, et plus largement celle de l’histoire de l’art.

 

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La musique de la période Classique

la musique de la période classique

La période musicale dite “Classique” débuta pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle. Partant de la fin de la période Baroque, elle s’étend jusqu’au tout début du XIXe siècle, à savoir avant le commencement de la musique Romantique. La musique de la période Classique se caractérise par la domination des instruments à claviers comme instruments phares de la composition et l’arrivée des compositeurs légendaires tels que Mozart et Beethoven. La structure des orchestres était initialement la même que dans la période de la musique Baroque. En ce qui concerne les compositeurs, ils se libèrent un peu plus de l’influence des commanditaires et mécènes . Et commencent également à exprimer plus de passion humaine, de résistance et de violence émotionnelle.

 

Introduction à la musique Classique

De nos jours, quand nous parlons de musique classique, nous pensons souvent à la musique orchestrale ou à l’Opéra. Par opposition à la “diversité” de la musique populaire. En musique, le classicisme représente une manière spécifique d’écrire la musique, un style dont les compositeurs les plus emblématiques, Haydn, Mozart et Beethoven sont les principaux représentants.

Le Classicisme est le terme généralement utilisé pour désigner la période qui débute en 1750 (mort de Jean-Sébastien Bach). Et ce jusqu’à la mort de Beethoven, même si ce dernier peut être également considéré comme le père de l’époque suivante : le Romantisme. Entre 1750 et 1770 il y’a eu une phase dite “préparatoire” ou “préclassique”, la période suivante étant considérée comme point culminant du mouvement, qui voit s’épanouir le Classicisme viennois avec la maturité de Haydn, Mozart et Beethoven.

L’âge Baroque a vu le règne de l’Opéra et de l’Oratorio. Le passage de l’ère Baroque au Classicisme fût un processus compliqué. Dès 1730, une nouvelle esthétique a commencé à apparaître. Mais durant plus d’un demi-siècle, diverses tendances vont coexister, tels que le style Galant, le Rococo, l’Empfindsamkeit et le Sturm und Drang.

Envie de vous projeter quelques années avant le Classicisme ? Découvrez dans cet article, l’histoire de la musique Baroque

 

la musique de la période classique
Joseph Haydn

La composition et l’écriture

Le XVIIIe siècle a été influencé par la poursuite des changements dans le flux des idées. Notamment dans le domaine de la musique. Les compositeurs recherchent de nouveaux styles pour modifier les règles et créer de nouvelles surprises et effets émotionnels auprès du public.
À l’époque classique, les rôles d’interprète et de compositeur se sont démarqués. Le compositeur peut écrire des œuvres qui ne seront pas interprétées par lui.
Le processus du pastiche est couramment utilisé dans l’écriture : il s’agit d’un procédé qui consiste à réutiliser la matière d’une œuvre pour une autre

L’écriture musicale de la période classique est plus ingénieuse et précise. Les œuvres interprétées et composées tendent d’avantage vers la perfection que pendant la période précédente, où les compositeurs étaient souvent dépendants d’une lutherie peu standardisée et de la qualité fluctuante des interprètes. À l’ère Classique, ce seront les méthodes d’Antonio Vivaldi, de George Philipp Telemann ou de Bach qui influenceront la création. Mais aussi la pratique de la musique dans les établissements scolaires.

Le système du Contrepoint est délaissé dans sa forme la plus pure au profit de nouvelles méthodes développant une mélodie soutenue par une harmonie formée d’accords en quête d’autonomie. La musique Classique utilise des techniques musicales plus fines et diversifiées et enregistre un plus grand répertoire. Les partitions sont notées avec précision afin qu’elles puissent être transmises aux futures générations. C’est à cette époque qu’est né le terme “répertoire“ : un recueil de plusieurs œuvres.

la musique de la période classique
Antonio Vivaldi

 

Les compositeurs et leurs œuvres

La période classique voit l’apparition de grands compositeurs tels que les autrichiens Wolfgang Mozart et Joseph Haydn, ainsi que l’allemand Ludwig van Beethoven et les fils de Jean-Sebastien Bach : Wilhelm Friedman Bach, Karl Philip Emanuel Bach et Johann Christian Bach.
Luigi Boccherini est l’un des plus reconnus des compositeurs Italiens.

Le compositeur Christoph Gluck, qui officia longtemps en France, réforma l’Opéra. Johann Stamitz quant à lui, fonda l’école de Mannhein où il perfectionna la Symphonie que nous connaissons aujourd’hui. Les fils de Bach associent le style Baroque de l’œuvre de leur père à la musique Classique des compositeurs Haydn et Mozart. L’italien Luigi Boccherini fût particulièrement reconnu pour la composition de son Quintette à cordes avec deux Violoncelles.

Les œuvres qui ont marqué la période Classique :

  • Les Opéras de Christoph Gluck : Orphée et Eurydice , Iphigénie en Aulide , Iphigénie en Tauride, Armide et, La Rencontre Imprévue
  • Les Symphonies de Haydn : n°6 Le Matin, n°7 Le Midi , n°8 Le Soir, n°51 Les Adieux, n°85 La Reine de France et Symphonie no 92 Oxford…
  • Les Concertos pour Piano de Mozart : n°9 “Jeunes Hommes”, n°20, n°21. Ainsi que les Opéras Idoménée, L’Enlèvement au Sérail, Les Noces de Figaro, Don Giovanni et Cosi Fan Tutte…
  • Les Concertos de Beethoven : n°3, n°4, n°5. Ainsi que les 9 symphonies, 32 Sonates pour Piano, 10 Sonates pour Piano et Violon et 17 Quatuors

 

la musique de la période classique
Luigi Boccherini

 

Les genres musicaux de la période Classique

À l’époque Classique, des genre tels que le Concerto Grosso ou les Suites de Danse sont délaissés. Tandis que d’autres styles seront été privilégiés comme la Sonate
Les genres musicaux Classique ayant également vu le jour :

  • Le Concerto Classique est différent du concerto Baroque : “soliste” et non “grosso”
  • Le Quatuor à Cordes, un genre de musique de chambre joué à l’époque en privé et souvent par des musiciens amateurs de bons niveaux. Les instruments : deux Violons, un Alto et un Violoncelle
  • La Symphonie est une forme de musique qui fait appel aux ressources de l’orchestre symphonique. La différence avec le Concerto est que tout l’orchestre de la Symphonie exécute le discours musical et non plus le soliste contre l’orchestre
  • Le Trio avec Piano est une œuvre musicale composée pour Piano, Violon et Violoncelle
  • L’Opéra a évolué pour se transformer en Opéra Seria. Son format est plus sérieux que celui de l’Opéra-Bouffe et répond à des règles musicales dramatiques très particulières. Il existe également l’Opéra-Comique français et sa version allemande : Singspiel
  • Le style Galant ou Rococo est une composition musicale conçue principalement pour divertir et émerveiller l’ouïe du public
  • Empfindsamkeit est une réponse à la mondanité du style Galant. C’est une forme qui évolue en Allemagne et qui essaye de toucher la sensibilité du public avec de fortes émotions sentimentale
  • Sturm und drang qui signifie “orage et passion”, est en même temps un mouvement politique, littéraire et musical Viennois. Ce style est né entre 1760 et 1770. En musique, sa forme exprime la passion, la douleur, la colère ou la résistance qui la contraste avec les Symphonie au ton plus joyeux. Il se caractérise également par des pauses et des moments silencieux au milieu de la musique. C’est une forme mal comprise et peu appréciée à l’époque
  • La Tragédie est un dialogue musical se passant entre deux ou trois personnages, accompagnés d’un chœur et d’un orchestre, qui interprètent des thèmes mythologiques

 

la musique de la période classique

Conclusion

Dans le Classicisme, la pensée rationnelle, la recherche de la perfection formelle et de la vie sociale n’apparaissent plus comme des sphères séparées. Le Classicisme n’est pas seulement un mouvement esthétique. Mais est aussi une vraie vision du monde, où tout n’est qu’ordre et beauté. Les leçons, la perfection formelle, harmonique et compositionnelle des plus grands de cette époque sera transmise par Beethoven à Carl Maria von Weber, Schubert, Berlioz puis Mendelssohn entre autres, qui prendront également à coeur l’entité propre qu’est l’orchestre afin d’en magnifier le langage.

 

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François-Joseph Gossec : l’ami français méconnu de Mozart

François-Joseph Gossec : l’ami français méconnu de Mozart

Jusqu’en 1789, François-Joseph Gossec fit rapidement parler de lui en tant que compositeur et connut une grande ascension. Mais sous le règne du consulat de l’Empire, on le considère comme dépassé hors des modes de son temps. L’évolution irrésistible du compositeur est très intéressante et témoigne des goûts musicaux de l’époque. Découvrez qui est François Joseph Gossec.

 

Jeunesse musicale

François-Joseph Gossec, né en 1734 à Vergnies, est non seulement compositeur mais aussi violoniste, directeur d’opéra, et pédagogue français.
Né sous Louis XV, François Joseph Gossec naquit deux ans après Joseph Haydn. Il a 16 ans quand il apprend la mort de Jean-Sébastien Bach et 22 ans à la naissance de Mozart, qui deviendra plus tard, son ami. La mort de Jean-Philippe Rameau est annoncée alors que Gossec est âgé de 30 ans.

À l’âge de six ans, François-Joseph Gossec est placé à la maîtrise de Saint-Aldéconde de Maubeuge. Il y apprend le Clavecin, le Violon, la Composition sous la direction de Jean Vanderbelen. En 1742, alors élève d’André-Joseph Blavier, il intègre la maîtrise de la cathédrale Notre-Dame d’Anvers.
À 17 ans, il est engagé comme violoniste par l’Orchestre de La Pouplinière. Il est reçu à la franc-maçonnerie et devient membre de la loge parisienne “La réunion des Arts“.

Entre 1762 et 1770, en tant que maître de la musique, il dirige le théâtre du prince de Condé à Chantilly. Puis, a servi deux autres princes : le Prince du Sang et le Prince de Conti, en tant qu’intendant de la musique.
En 1780, il devient directeur adjoint de l’Opéra. Après la démission d’Antoine Dauvergne en 1782, François-Joseph Gossec devient directeur général. Cependant, ses pouvoirs et attributions sont limités car ils entrent en conflit avec les pouvoirs du secrétaire d’État à la maison du Roi et du comité des artistes.

En 1784, il quitte la direction du comité et dirige la nouvelle École royale de chant et de Déclamation, fondée par le baron de Breteuil, et qui par la suite, deviendra le CNSMD de Paris, dont il est membre du directoire.

Nommé compositeur officiel pendant la Révolution française, il fut aussi le musicien le plus respecté sous Napoléon Ier.

Le CNSMD de Paris a connu bien des changements et des évolutions. Découvrez maintenant l’histoire d’un des conservatoires de France les plus reconnus.

 

François Joseph Gossec : l’ami français méconnu de Mozart
François Joseph Gossec

Ses débuts parisien

En 1751, Gossec quitte Anvers pour Paris, dans l’espoir de trouver une place dans le monde musical de la capitale. Il rencontre Jean-Philippe Rameau, dont il devient le protégé, et rejoint l’Orchestre du fermier général de Paris, Alexandre Le Riche de La Pouplinière, dont il sera le directeur en 1756 jusqu’à la disgrâce de son protecteur en 1762.

François-Joseph Gossec progressa en tant que compositeur, en particulier dans le domaine de la symphonie naissante. On lui doit 48 symphonies et 6 symphonies concertantes, dont la Symphonie “périodique” qui paraît comme un feuilleton. Gossec est considéré comme le “père” de la Symphonie Française.

En plus des œuvres symphoniques, Gossec a également tenté l’Opéra-Comique. Si les scènes de la Comédie-Italienne lui ont apporté un certain succès, trop d’échecs l’ont finalement fait abandonner ce genre musical. D’autant plus que la concurrence est rude face à des compositeurs tels que Philidor, Monsigny ou Grétry.

Toutefois, la musique religieuse semble avoir plus de succès pour lui : sa Missa pro defunctis, composée en 1760, aura beaucoup de succès et présente quelques similitudes avec le Requiem de Mozart. Ce qui indique que la Missa de Gossec aurait pu influencer le jeune compositeur Mozart. Cela est encore plus vrai depuis que les deux compositeurs ont noué une amitié sincère lors de la visite de Mozart à Paris en 1778.

François Joseph Gossec : l’ami français méconnu de Mozart
Wolfgang Amadeus Mozart

 

Le compositeur de la Révolution Française

À côté de son travail de compositeur, François Joseph Gossec débute une carrière rythmée par l’occupation de postes importants : la direction du Concerts des Amateurs, où il monte ses propres oeuvres mais aussi celles de ses amis. Puis il dirige le Concert Spirituel, dans lequel, il organise et programme des oeuvres provenant de compositeurs étrangers, telles que des motets de Jean-Sébastien Bach et des Symphonies de Joseph Haydn. En 1775, on le nomme Maître de Musique à l’Opéra dont il deviendra le directeur adjoint en 1780.

À partir de 1789, Gossec participe à la Révolution Française. Il a écrit plus d’une vingtaine d’œuvres patriotiques, dont l’Offrande à la liberté en 1792, qui contient la première orchestration de l’hymne nationale, la “Marseillaise”. L’Oeuvre rencontra un énorme succès. Un an plus tard, il crée Le Triomphe de la République pour commémorer la bataille de Valmy en France. Il a écrit la dernière symphonie consacrée à la cause révolutionnaire pour célébrer le 20ème anniversaire de la prise de la Bastille : la “Symphonie à 17 parties en fa majeur”.

Dans ces œuvres, Gossec utilise un langage musical qui peut enflammer des idées révolutionnaires et susciter la ferveur populaire. Comme exemple, avec son Te Deum, composé pour la fête de la Fédération, interprété par 4000 chanteurs, 300 instrumentistes à Vent de la Garde nationale et 300 tambours. l’Oeuvre Te Deum a eu lieu au Champ de Mars à Paris devant 300 000 personnes réunies.

Au centre de la tourmente révolutionnaire, François Joseph Gossec continue d’occuper des postes hauts et importants : en 1790, il est instituteur de musique à la Garde nationale et est nommé à l’Institut National de Musique, puis devient professeur de composition au Conservatoire de Paris.

 

François Joseph Gossec : l’ami français méconnu de Mozart
François Joseph Gossec

Conclusion

Après les années turbulentes de la Révolution, l’heure n’est plus aux fêtes nationales. Depuis, François Joseph Gossec a partagé son temps entre la composition et le Conservatoire, où il enseigna à de jeunes talents prometteurs, comme Ferdinand Hérold, qui reçut en 1812, le Premier prix à Rome. François Joseph Gossec, tomba progressivement dans l’oubli et mourut en 1829 à l’âge de 95 ans. Gossec fût inhumé au cimetière du Père-Lachaise et repose près de son ami, le compositeur Étienne Nicolas Méhul.

 

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