La musique de la période Classique

la musique de la période classique

La période musicale dite “Classique” débuta pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle. Partant de la fin de la période Baroque, elle s’étend jusqu’au tout début du XIXe siècle, à savoir avant le commencement de la musique Romantique. La musique de la période Classique se caractérise par la domination des instruments à claviers comme instruments phares de la composition et l’arrivée des compositeurs légendaires tels que Mozart et Beethoven. La structure des orchestres était initialement la même que dans la période de la musique Baroque. En ce qui concerne les compositeurs, ils se libèrent un peu plus de l’influence des commanditaires et mécènes . Et commencent également à exprimer plus de passion humaine, de résistance et de violence émotionnelle.

 

Introduction à la musique Classique

De nos jours, quand nous parlons de musique classique, nous pensons souvent à la musique orchestrale ou à l’Opéra. Par opposition à la “diversité” de la musique populaire. En musique, le classicisme représente une manière spécifique d’écrire la musique, un style dont les compositeurs les plus emblématiques, Haydn, Mozart et Beethoven sont les principaux représentants.

Le Classicisme est le terme généralement utilisé pour désigner la période qui débute en 1750 (mort de Jean-Sébastien Bach). Et ce jusqu’à la mort de Beethoven, même si ce dernier peut être également considéré comme le père de l’époque suivante : le Romantisme. Entre 1750 et 1770 il y’a eu une phase dite “préparatoire” ou “préclassique”, la période suivante étant considérée comme point culminant du mouvement, qui voit s’épanouir le Classicisme viennois avec la maturité de Haydn, Mozart et Beethoven.

L’âge Baroque a vu le règne de l’Opéra et de l’Oratorio. Le passage de l’ère Baroque au Classicisme fût un processus compliqué. Dès 1730, une nouvelle esthétique a commencé à apparaître. Mais durant plus d’un demi-siècle, diverses tendances vont coexister, tels que le style Galant, le Rococo, l’Empfindsamkeit et le Sturm und Drang.

Envie de vous projeter quelques années avant le Classicisme ? Découvrez dans cet article, l’histoire de la musique Baroque

 

la musique de la période classique
Joseph Haydn

La composition et l’écriture

Le XVIIIe siècle a été influencé par la poursuite des changements dans le flux des idées. Notamment dans le domaine de la musique. Les compositeurs recherchent de nouveaux styles pour modifier les règles et créer de nouvelles surprises et effets émotionnels auprès du public.
À l’époque classique, les rôles d’interprète et de compositeur se sont démarqués. Le compositeur peut écrire des œuvres qui ne seront pas interprétées par lui.
Le processus du pastiche est couramment utilisé dans l’écriture : il s’agit d’un procédé qui consiste à réutiliser la matière d’une œuvre pour une autre

L’écriture musicale de la période classique est plus ingénieuse et précise. Les œuvres interprétées et composées tendent d’avantage vers la perfection que pendant la période précédente, où les compositeurs étaient souvent dépendants d’une lutherie peu standardisée et de la qualité fluctuante des interprètes. À l’ère Classique, ce seront les méthodes d’Antonio Vivaldi, de George Philipp Telemann ou de Bach qui influenceront la création. Mais aussi la pratique de la musique dans les établissements scolaires.

Le système du Contrepoint est délaissé dans sa forme la plus pure au profit de nouvelles méthodes développant une mélodie soutenue par une harmonie formée d’accords en quête d’autonomie. La musique Classique utilise des techniques musicales plus fines et diversifiées et enregistre un plus grand répertoire. Les partitions sont notées avec précision afin qu’elles puissent être transmises aux futures générations. C’est à cette époque qu’est né le terme “répertoire“ : un recueil de plusieurs œuvres.

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Antonio Vivaldi

 

Les compositeurs et leurs œuvres

La période classique voit l’apparition de grands compositeurs tels que les autrichiens Wolfgang Mozart et Joseph Haydn, ainsi que l’allemand Ludwig van Beethoven et les fils de Jean-Sebastien Bach : Wilhelm Friedman Bach, Karl Philip Emanuel Bach et Johann Christian Bach.
Luigi Boccherini est l’un des plus reconnus des compositeurs Italiens.

Le compositeur Christoph Gluck, qui officia longtemps en France, réforma l’Opéra. Johann Stamitz quant à lui, fonda l’école de Mannhein où il perfectionna la Symphonie que nous connaissons aujourd’hui. Les fils de Bach associent le style Baroque de l’œuvre de leur père à la musique Classique des compositeurs Haydn et Mozart. L’italien Luigi Boccherini fût particulièrement reconnu pour la composition de son Quintette à cordes avec deux Violoncelles.

Les œuvres qui ont marqué la période Classique :

  • Les Opéras de Christoph Gluck : Orphée et Eurydice , Iphigénie en Aulide , Iphigénie en Tauride, Armide et, La Rencontre Imprévue
  • Les Symphonies de Haydn : n°6 Le Matin, n°7 Le Midi , n°8 Le Soir, n°51 Les Adieux, n°85 La Reine de France et Symphonie no 92 Oxford…
  • Les Concertos pour Piano de Mozart : n°9 “Jeunes Hommes”, n°20, n°21. Ainsi que les Opéras Idoménée, L’Enlèvement au Sérail, Les Noces de Figaro, Don Giovanni et Cosi Fan Tutte…
  • Les Concertos de Beethoven : n°3, n°4, n°5. Ainsi que les 9 symphonies, 32 Sonates pour Piano, 10 Sonates pour Piano et Violon et 17 Quatuors

 

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Luigi Boccherini

 

Les genres musicaux de la période Classique

À l’époque Classique, des genre tels que le Concerto Grosso ou les Suites de Danse sont délaissés. Tandis que d’autres styles seront été privilégiés comme la Sonate
Les genres musicaux Classique ayant également vu le jour :

  • Le Concerto Classique est différent du concerto Baroque : “soliste” et non “grosso”
  • Le Quatuor à Cordes, un genre de musique de chambre joué à l’époque en privé et souvent par des musiciens amateurs de bons niveaux. Les instruments : deux Violons, un Alto et un Violoncelle
  • La Symphonie est une forme de musique qui fait appel aux ressources de l’orchestre symphonique. La différence avec le Concerto est que tout l’orchestre de la Symphonie exécute le discours musical et non plus le soliste contre l’orchestre
  • Le Trio avec Piano est une œuvre musicale composée pour Piano, Violon et Violoncelle
  • L’Opéra a évolué pour se transformer en Opéra Seria. Son format est plus sérieux que celui de l’Opéra-Bouffe et répond à des règles musicales dramatiques très particulières. Il existe également l’Opéra-Comique français et sa version allemande : Singspiel
  • Le style Galant ou Rococo est une composition musicale conçue principalement pour divertir et émerveiller l’ouïe du public
  • Empfindsamkeit est une réponse à la mondanité du style Galant. C’est une forme qui évolue en Allemagne et qui essaye de toucher la sensibilité du public avec de fortes émotions sentimentale
  • Sturm und drang qui signifie “orage et passion”, est en même temps un mouvement politique, littéraire et musical Viennois. Ce style est né entre 1760 et 1770. En musique, sa forme exprime la passion, la douleur, la colère ou la résistance qui la contraste avec les Symphonie au ton plus joyeux. Il se caractérise également par des pauses et des moments silencieux au milieu de la musique. C’est une forme mal comprise et peu appréciée à l’époque
  • La Tragédie est un dialogue musical se passant entre deux ou trois personnages, accompagnés d’un chœur et d’un orchestre, qui interprètent des thèmes mythologiques

 

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Conclusion

Dans le Classicisme, la pensée rationnelle, la recherche de la perfection formelle et de la vie sociale n’apparaissent plus comme des sphères séparées. Le Classicisme n’est pas seulement un mouvement esthétique. Mais est aussi une vraie vision du monde, où tout n’est qu’ordre et beauté. Les leçons, la perfection formelle, harmonique et compositionnelle des plus grands de cette époque sera transmise par Beethoven à Carl Maria von Weber, Schubert, Berlioz puis Mendelssohn entre autres, qui prendront également à coeur l’entité propre qu’est l’orchestre afin d’en magnifier le langage.

 

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François-Joseph Gossec : l’ami français méconnu de Mozart

François-Joseph Gossec : l’ami français méconnu de Mozart

Jusqu’en 1789, François-Joseph Gossec fit rapidement parler de lui en tant que compositeur et connut une grande ascension. Mais sous le règne du consulat de l’Empire, on le considère comme dépassé hors des modes de son temps. L’évolution irrésistible du compositeur est très intéressante et témoigne des goûts musicaux de l’époque. Découvrez qui est François Joseph Gossec.

 

Jeunesse musicale

François-Joseph Gossec, né en 1734 à Vergnies, est non seulement compositeur mais aussi violoniste, directeur d’opéra, et pédagogue français.
Né sous Louis XV, François Joseph Gossec naquit deux ans après Joseph Haydn. Il a 16 ans quand il apprend la mort de Jean-Sébastien Bach et 22 ans à la naissance de Mozart, qui deviendra plus tard, son ami. La mort de Jean-Philippe Rameau est annoncée alors que Gossec est âgé de 30 ans.

À l’âge de six ans, François-Joseph Gossec est placé à la maîtrise de Saint-Aldéconde de Maubeuge. Il y apprend le Clavecin, le Violon, la Composition sous la direction de Jean Vanderbelen. En 1742, alors élève d’André-Joseph Blavier, il intègre la maîtrise de la cathédrale Notre-Dame d’Anvers.
À 17 ans, il est engagé comme violoniste par l’Orchestre de La Pouplinière. Il est reçu à la franc-maçonnerie et devient membre de la loge parisienne “La réunion des Arts“.

Entre 1762 et 1770, en tant que maître de la musique, il dirige le théâtre du prince de Condé à Chantilly. Puis, a servi deux autres princes : le Prince du Sang et le Prince de Conti, en tant qu’intendant de la musique.
En 1780, il devient directeur adjoint de l’Opéra. Après la démission d’Antoine Dauvergne en 1782, François-Joseph Gossec devient directeur général. Cependant, ses pouvoirs et attributions sont limités car ils entrent en conflit avec les pouvoirs du secrétaire d’État à la maison du Roi et du comité des artistes.

En 1784, il quitte la direction du comité et dirige la nouvelle École royale de chant et de Déclamation, fondée par le baron de Breteuil, et qui par la suite, deviendra le CNSMD de Paris, dont il est membre du directoire.

Nommé compositeur officiel pendant la Révolution française, il fut aussi le musicien le plus respecté sous Napoléon Ier.

Le CNSMD de Paris a connu bien des changements et des évolutions. Découvrez maintenant l’histoire d’un des conservatoires de France les plus reconnus.

 

François Joseph Gossec : l’ami français méconnu de Mozart
François Joseph Gossec

Ses débuts parisien

En 1751, Gossec quitte Anvers pour Paris, dans l’espoir de trouver une place dans le monde musical de la capitale. Il rencontre Jean-Philippe Rameau, dont il devient le protégé, et rejoint l’Orchestre du fermier général de Paris, Alexandre Le Riche de La Pouplinière, dont il sera le directeur en 1756 jusqu’à la disgrâce de son protecteur en 1762.

François-Joseph Gossec progressa en tant que compositeur, en particulier dans le domaine de la symphonie naissante. On lui doit 48 symphonies et 6 symphonies concertantes, dont la Symphonie “périodique” qui paraît comme un feuilleton. Gossec est considéré comme le “père” de la Symphonie Française.

En plus des œuvres symphoniques, Gossec a également tenté l’Opéra-Comique. Si les scènes de la Comédie-Italienne lui ont apporté un certain succès, trop d’échecs l’ont finalement fait abandonner ce genre musical. D’autant plus que la concurrence est rude face à des compositeurs tels que Philidor, Monsigny ou Grétry.

Toutefois, la musique religieuse semble avoir plus de succès pour lui : sa Missa pro defunctis, composée en 1760, aura beaucoup de succès et présente quelques similitudes avec le Requiem de Mozart. Ce qui indique que la Missa de Gossec aurait pu influencer le jeune compositeur Mozart. Cela est encore plus vrai depuis que les deux compositeurs ont noué une amitié sincère lors de la visite de Mozart à Paris en 1778.

François Joseph Gossec : l’ami français méconnu de Mozart
Wolfgang Amadeus Mozart

 

Le compositeur de la Révolution Française

À côté de son travail de compositeur, François Joseph Gossec débute une carrière rythmée par l’occupation de postes importants : la direction du Concerts des Amateurs, où il monte ses propres oeuvres mais aussi celles de ses amis. Puis il dirige le Concert Spirituel, dans lequel, il organise et programme des oeuvres provenant de compositeurs étrangers, telles que des motets de Jean-Sébastien Bach et des Symphonies de Joseph Haydn. En 1775, on le nomme Maître de Musique à l’Opéra dont il deviendra le directeur adjoint en 1780.

À partir de 1789, Gossec participe à la Révolution Française. Il a écrit plus d’une vingtaine d’œuvres patriotiques, dont l’Offrande à la liberté en 1792, qui contient la première orchestration de l’hymne nationale, la “Marseillaise”. L’Oeuvre rencontra un énorme succès. Un an plus tard, il crée Le Triomphe de la République pour commémorer la bataille de Valmy en France. Il a écrit la dernière symphonie consacrée à la cause révolutionnaire pour célébrer le 20ème anniversaire de la prise de la Bastille : la “Symphonie à 17 parties en fa majeur”.

Dans ces œuvres, Gossec utilise un langage musical qui peut enflammer des idées révolutionnaires et susciter la ferveur populaire. Comme exemple, avec son Te Deum, composé pour la fête de la Fédération, interprété par 4000 chanteurs, 300 instrumentistes à Vent de la Garde nationale et 300 tambours. l’Oeuvre Te Deum a eu lieu au Champ de Mars à Paris devant 300 000 personnes réunies.

Au centre de la tourmente révolutionnaire, François Joseph Gossec continue d’occuper des postes hauts et importants : en 1790, il est instituteur de musique à la Garde nationale et est nommé à l’Institut National de Musique, puis devient professeur de composition au Conservatoire de Paris.

 

François Joseph Gossec : l’ami français méconnu de Mozart
François Joseph Gossec

Conclusion

Après les années turbulentes de la Révolution, l’heure n’est plus aux fêtes nationales. Depuis, François Joseph Gossec a partagé son temps entre la composition et le Conservatoire, où il enseigna à de jeunes talents prometteurs, comme Ferdinand Hérold, qui reçut en 1812, le Premier prix à Rome. François Joseph Gossec, tomba progressivement dans l’oubli et mourut en 1829 à l’âge de 95 ans. Gossec fût inhumé au cimetière du Père-Lachaise et repose près de son ami, le compositeur Étienne Nicolas Méhul.

 

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