La musique Baroque

la musique baroque

Le mot Baroque dérive du mot portugais “Barroco“. Le terme faisait à l’origine référence aux caractéristiques des œuvres et de l’architecture apparue du mouvement artistique portant le même en Italie à cette époque. Ce n’est que vers 1950 que le nom fut aussi attribué à l’esthétique musicale de la même période. Le mouvement artistique Baroque, commence en Italie et s’est ensuite étendu vers les autres pays européens. Il se caractérise par un délaissement des contrepoints et polyphonies sous leurs formes héritées de la Renaissance, pour évoluer vers un style plus riche et plus expressif, marquant les prémices de l’harmonie classique.

Introduction à la musique Baroque

La période Baroque est née en Italie et s’étend environ de 1600 à1750. En partant de 1600 avec les premiers opéras italiens (L’Orféo de Monteverdi), passant par le Traité d’Harmonie de J-P Rameau (marquant la maturité de la période, 1722) pour prendre fin en 1750, date symbolique de la mort de Jean-Sébastien Bach.

Vers 1600, les changements opérés à cette période furent considérablement ressentis. Le passage de la musique de la Renaissance au style Baroque se remarque car le style de musique de l’ancienne école tombe rapidement dans l’oubli. Le terme Baroque s’applique à tous les styles spécifiques de l’histoire de l’art entre 1600 et 1750.

Avant la période Baroque, se trouve celle de la Renaissance, comportant plusieurs particularités musicales. Découvrez-les 

 

Le style de musique Baroque apparaît avec la monodie accompagnée et l’invention de la Basse Continue, opposant le Stile Moderno au Stile Antico de la Renaissance. Certains appellent cette époque “ère de la Basse Continue “ou “style concertant“.

D’un point de vue esthétique, le début du XVIIe siècle connaît un divorce brutal dans l’histoire de l’art et des concepts. Contrairement aux hommes de la Renaissance, les hommes du Baroque ne se voient plus comme crées uniquement à l’image de Dieu. Ils cultivent le luxe et le charme, aiment la plénitude et les excès, et repoussent les limites de la réalité au moyen d’illusions. L’art Baroque est dramatique et très théâtral.

Ainsi, pour la musique Baroque, la musique est classée selon différents styles, ce qui montre clairement la disparition de l’unité de style : musique d’église, musique de chambre et musique de théâtre. Ces termes classent la musique en fonction de son rôle social, indépendamment des compétences compositionnelles.

Avec Monteverdi, l’un des aspects fondamentaux de la musique baroque sera établi : l’expression du texte par la musique. Et cette expression passe notamment par la mise en musique des affetti -des sentiments- , qui sont alors classés et ordonnés en “passions”, représentant chacune un état psychique.

La musique Baroque

La musique instrumentale

Au XVIIe siècle, l’histoire de la musique instrumentale était liée à la musique vocale. En Italie, en France ou en Allemagne, la particularité de la musique écrite pour les instruments n’était pas une évidence, car l’écriture des “voix” des instruments s’apparentait à l’écriture d’une “voix” vocale. Cependant, à la fin du XVIe siècle, en raison de l’avènement de l’instrument principal de la période, le Luth, une écriture particulière a tendance à apparaître pour chaque instrument. L’Italie, domine la première partie du style Baroque avec ses Sonates, Concerti et Toccate. Ensuite, la France de Louis XIV innovera avec ses Ouvertures à la Française et ses Suites de Danses, qui deviendront la marque française d’excellence.

La Sonate et le style concertant

L’un des principaux genre de musiques de chambre Baroque est la Sonate en trio. Elle est écrite pour trois voix, toutefois, elle se joue à quatre : deux dessus (Violon, Viole et/ou Hautbois), une basse, et un instrument polyphonique (Clavecin ou Orgue) qu’on ajoute à la basse, communément appelé Basse continue. La Sonate en trio vient de la Canzone, de la Sonate et Sinfonia. Et les œuvres des compositeurs Marcantonio Negri et Giovanni Paolo Cima, témoignent de la popularité de ce nouveau genre.

Néanmoins, c’est avec les “Sonate a due violoni e violone” de G. Legrenzien 1655, que ce nouveau genre se lance réellement, et grâce à l’émergence du violoncelliste Giovanni Bononcini, deux Sonates se démarques : la Sonate d’église en quatre mouvements, qui utilisent l’Orgue pour la Basse continue, et la Sonate de chambre en plusieurs mouvements tout droit issus des Suites de Danse.

 

La musique Baroque

L’opéra

À la fin de la Renaissance italienne, à la même époque, on assiste au début de la période baroque et une nouvelle façon de chanter apparaît: la monodie. Une voix avec texte clair, accompagné d’un ou plusieurs instruments de musique. D’une part, cela a produit l’Oratorio pour répondre aux besoins de l’Eglise. De plus, ce fait la création de l’opéra soutenu par les princes et développé par des intellectuels et humanistes de l’époque.

Ils prônent un retour aux valeurs et à l’esthétique anciennes de l’Antiquité. Ils ont inventé des opéras basés sur des tragédies anciennes dont on savait qu’elle était interprétée en étant mêlée à des chœurs et de la danse.
interprétés avec des chœurs et des danses.

Ainsi, en 1597, nous assistons au premier opéra connu avec La Dafne de Jacopo Peri. Cependant, le premier chef-d’œuvre du genre était L’Orfeo, qui a été créé à Mantoue en 1607 par Claudio Monteverdi.

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La musique baroque

 

La diffusion de la musique

C’est pendant la période Baroque que les écoles ont commencé à émettre les traités et les théories de la musique. Ces théories devaient être strictement respectées par les musiciens et allaient devenir les premières règles de base de l’harmonie occidentale.

À cette époque, le Contrepoint se développa grandement. Un style complètement différent de celui célébré durant la Renaissance. Ce style sortait de l’ordinaire et avait de nombreux adeptes. Notons son emblématique représentant, Jean-Sébastien Bach, qui amena le Contrepoint à des niveaux de perfection technique et esthétique rarement égalés.

Le Contrepoint est la superposition de plusieurs lignes mélodiques qui, une fois exécutées ensemble, forme un tout harmonique plus ou moins riche selon la qualité du compositeur. Le Contrepoint est un art à haute technicité qui contient nombre de procédés. L’un d’eux, l’Ornement, était très répandu dans le système de notation. Il s’agit d’une sorte d’agrément, également appelé “notes secondaires”, principalement utilisée comme accompagnement de la note principale. À d’autres égards, c’est une variation des notes appartenant à l’accord principal, utilisé pour l’harmonisation.

La diffusion des techniques musicales et de composition ont donc particulièrement stimulé la diffusion de la musique Baroque dans toute l’Europe.

Les compositeurs de l’époque

De nombreux compositeurs de l’époque Baroque ont écrit des œuvres à la demande de leurs mécènes : rois, nobles ou encore hommes d’église.

  • Les Français: Marc Antoine Charpentier, Jean-Philippe Rameau, Jean Baptiste Lully et François Couperin

 

  • Les Allemands : George Philipp Telemann, Johann Pachelbel et Jean-Sébastien Bach, ce dernier dont les oeuvres sont admirées et représentées tout au long de la période Classique. Il est l’auteur de “La Passion de Saint Matthieu”

 

  • Les Italiens : Giuseppe Tartini, Arcangelo Corelli, Alessandro Scarlatti, Antonio Vivaldi et Claudio Monteverdi qui fut l’un des premiers promoteurs de l’art Baroque.

 

  • Les Anglais : Henry Purcell, Georg Friedrich Haendel (allemand, mais anglais d’adoption) qui a écrit entre autre “Le Messie”. Il est connu pour avoir assimilé les différents styles du Baroque et les avoir inséré dans ses compositions
La musique Baroque
Georg Friedrich Haendel

 

Les styles de musique Baroque

Le style Baroque se caractérise par la sophistication. Ses formes s’enrichissent progressivement, avec des embellissements ou des ornementations, avec des techniques d’improvisation et d’accompagnement, et enfin avec l’introduction de solistes dans l’orchestre. C’est précisément grâce à ces diversifications que les différents styles du Baroque sont nés et ont été classés selon le genre de musique : instrumentale, lyrique ou religieuse. Citons quelques uns des styles emblématiques de la période Baroque:

  • Le Concerto est la technique de dialogue qui oppose le soliste au reste de l’orchestre
  • L’Opéra est une oeuvre musicale mettant en scène des personnages chantant leurs propre rôle. C’est la forme musicale ayant obtenu le plus de succès et ceci poursuivra au-delà de la période baroque.
  • La Toccata est un genre de composition rythmique et virtuose pour les instruments à clavier
  • La Fugue est une forme d’écriture musicale qui utilise les méthodes du contrepoint et de l’imitation
  • La Sinfonia est une composition instrumentale qui se traduit par Symphonie, mais qui est antérieure à celle-ci
  • La Sonate est une composition instrumentale à plusieurs mouvements pour un instrument soliste accompagné par exemple d’un instrument à clavier.
  • La Suite de Danses est un ensemble ordonné de pièces instrumentales extraites d’un Opéra, d’un Ballet ou d’une pièce de Théâtre

 

La musique Baroque

Conclusion

On retient du Baroque la naissance des formes et genres musicaux qui feront l’attrait des compositeurs sur les siècles suivants : Sonate, Concerto, Symphonies et surtout l’Opéra. Les pièces inégalables de Monteverdi, Vivaldi, Rameau, Bach ou Haendel, marquent avant tout l’apogée de chaque genre. Et ce, en contribuant naturellement au passage de l’époque Baroque vers l’époque Classique qui suivra. La mort du célèbre compositeur Jean-Sébastien Bach marque la fin d’un période riche et foisonnante.

 

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L’histoire du CNSMD de Paris

L’histoire du CNSMD de Paris

Le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMD de Paris) est un établissement public administratif chargé de la formation professionnelle en musique, en danse et en sciences et techniques du son. Le conservatoire fait partie des membres associés de l’Université Paris sciences et lettres. Comme de nombreux conservatoires de France, le CNSMD de Paris dispose d’une riche histoire. Découvrons-la ensemble.

 

Origine et acte de naissance

Louis XIV crée le Conservatoire Royal de Musique par un brevet délivré le 28 juin 1669. L’académie est reliée à la maison du roi. En outre, conformément à l’ordonnance du Conseil d’État du roi du 3 janvier 1784, l’École Royale de Chant et de Déclamation a été créée et prit place dans l’hôtel des Menus-Plaisirs. L’école se place  sous la houlette de François-Joseph Gossec. Ces deux institutions ont été parmi les premiers signes de la volonté de structurer et de formaliser l’enseignement du théâtre et de l’art musical en France.

Sous l’impulsion de Bernad Sarette, la Révolution ajoute l’École de Musique Municipale, en juillet 1792, à l’École Royale de Chant. Et ce, à partir du corps de musique de la Garde Municipale. Les deux entités ont réussi à établir, le 8 novembre 1793, la première ébauche d’une institution unique dédiée à la formation des musiciens. En plus de former des musiciens, la mission du Conservatoire est de concevoir une méthode pour chaque discipline. Mais aussi de participer aux fêtes nationales. L’Institut National de Musique, créé par décret de la Convention Nationale est doté d’un budget distinct. Et sera dirigé par François-Joseph Gossec.

Seulement deux ans plus tard, par une loi du 3 Août 1795 et selon le rapport d’un ami de Bernard Sarrette, Marie-Joseph Chénier, la Convention sous la présidence de Jean-Marie Heurtault de Lammerville décide de créer l’établissement du Conservatoire de Musique, en lieu et place de l’Institut National de Musique. La nouvelle structure est gérée par un comité de direction. Principalement composé de François-Joseph Gossec, Étienne Nicolas Méhul, André Grétry et Luigi Cherubini.

L’enseignement se limite aux disciplines instrumentales, en particulier les Cordes et les Vents. Dès la première année, le nombre d’étudiants est de 600.

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L’histoire du CNSMD de Paris
François-Joseph Gossec

L’Empire du CNSMD de Paris

Bernard Sarrette est nommé directeur en 1800 et occupe ce poste durant tout l’Empire.

La mission de l’établissement s’est étendue et assure dorénavant la formation des futurs résidents de l’Opéra-Comique, du Théâtre-Italien et de la Comédie-Française. Une École de Déclamation est ainsi fondée le 3 mars 1806. Et ce, au sein du Conservatoire de Musique et porte le nom de Conservatoire de Musique et de Déclamation. Des cours de danse, de déclamation lyrique et dramatique, de “maintien théâtral” et de “mouvement du corps” viennent s’ajouter et compléter le plan d’enseignement.

En 1806, François-Antoine Habeneck fonde l’orchestre des étudiants avec lequel, jusqu’en 1815, il interprétera de nombreuses représentations lors des célèbres “exercices d’élèves”, dont les premières auditions françaises de multiples symphonies de Beethoven. Le Grand Prix de Rome et la Bibliothèque sont également établis durant le directorat de Bernard Sarette.

 L’histoire du CNSMD de Paris
François-Antoine Habeneck

En temps de guerre

Suite aux précédents directeurs, ayant renforcé les disciplines et enseignements, Henri Rabaud, succédant à Gabriel Fauré, ouvre de nouvelles classes. Il fait appel à des personnalités de l’époque pour en prendre la direction : Paul Dukas, Marcel Moyse, Yves Nat et Charles Munch (ce dernier pour la direction d’orchestre, en 1939).

Plus tard, Claude Delvincourt se voit confier la difficile tâche de diriger l’établissement pendant l’occupation allemande et les troubles d’après-guerre. Afin d’éviter l’embrigadement d’élèves appelés au service du travail obligatoire, le nouveau directeur a créé l’Orchestre des Cadets en 1943. Et qui resta après la guerre l’un des fleurons de l’école.

De nombreux cours, s’ouvrent sous sa direction : Le cours de Saxophone en 1942, le cours élémentaire d’Histoire de la Musique en 1946, celui de Percussions en 1947, Pédagogie, Culture Générale et Esthétique (1947), Musique de Chambre et bien d’autres cours.

Delvincourt a également nommé des professeurs renommés, dont Pierre Fournier et André Navarra, Norbert Dufourcq, Lucette Descaves et Olivier Messiaen.

En 1946, Delvinvourt, mène à bien la séparation de la musique et de l’art dramatique, créant ainsi le Conservatoire National d’Art Dramatique. Le Conservatoire de Musique prend alors le titre de CNSMD de Paris, Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris.

 

L’histoire du CNSMD de Paris

Le CNSMD de Paris aujourd’hui

En 1945, Delvincourt souligne que l’étroitesse des locaux de la rue de Madrid devient de plus en plus sensible chaque année. C’est donc Marc Bleuse qui se charge de préparer, 40 ans plus tard, l’implantation du CNSMD de Paris. Dans le projet de Cité de la Musique, conjuré par le président Mitterrand en 1984. Et c’est Alain Louvier, qui a assuré le déménagement et l’installation de l’établissement à la Villette.

De Marc Bleuse et Alain Louvier à Xavier Darasse et Marc-Olivier Dupin, l’enseignement du CNSMD de Paris a continué à se diversifier durant cette période. Ce qui entraîna la division de l’organisation en neuf départements. Pour la plupart de création récente : Musique ancienne, Son, études chorégraphiques, Jazz et musiques improvisées, Pédagogie.

Cette rénovation pédagogique se traduit également par la création de nouveaux cours. Notamment : Nouvelles technologies, Direction de chœur grégorien, Polyphonie de la Renaissance, écriture du XXe siècle, Culture musicale, Ethnomusicologie et Musique de film. La création du Diplôme de Formation Supérieur en 1994 en est un autre exemple. Alain Poirier, mettra en œuvre de nombreux projets. Notamment la mise en place des trois cycles de LMD (licence-master-doctorat), afin de se conformer au plan défini dans la Déclaration de Bologne. Tout en conservant ses valeurs, le CNSMD de Paris a su se développer de façon remarquable. Et ce, tout au long de son histoire. La mise en place d’un programme d’enseignement supérieur européen au CNSMD de Paris est l’une des plus récentes preuves de cette adaptabilité, mise au service d’une meilleure reconnaissance des diplômes, d’une plus grande mobilité européenne des élèves et de la valorisation de la recherche. Après un bref passage de Pascal Dumay, nommé directeur du Conservatoire en 2009, Bruno Mantovani prit la relève de 1oût 2010 à Juillet 2019. Emilie Delorme lui succède le 1er janvier 2020.

En 1980, le deuxième Conservatoire National Supérieur apparait à Lyon. De nouvelles dispositions statutaires consolidées en 2009 concernant les deux établissements publics à caractère administratif de Lyon et de Paris, placés sous la tutelle du ministère de la Culture et de la Communication. 

 

 L’histoire du CNSMD de Paris
Conservatoire National Supérieur Musique et Danse de Lyon

Conclusion

Le CNSMD de Paris est né avec deux institutions très différentes : l’École Royale de Chant et de Déclamation et l’École de Musique Municipale. Au fur et à mesure, l’établissement a fini par se diversifier. Mais a surtout évolué pour arriver au Conservatoire que nous connaissons aujourd’hui. Le but premier du CNSMD de Paris aura toujours été de dispenser un enseignement musical de haut niveau. Cela en fait donc l’un des établissement de formation de la musique le plus sélectif de France.

 

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