Apprendre la musique : Les différents cursus musicaux en France

Formation dans la musique : Les différents cursus musicaux

Les écoles de musique et conservatoires français offrent aujourd’hui une éducation musicale très diversifiée : musiques “classiques”, contemporaines, traditionnelles, anciennes, actuelles et jazz. Ces institutions sont la principale source de développement de la pratique amateur, tout en assurant également la formation des futurs professionnels. Dans le cadre de l’enseignement musical public, les cursus musicaux sont répartis en 3 cycles, représentant un total de 8 à 14 ans d’apprentissage initial. Parmi les 3 cycles, les deux premiers cycles constituent une étape commune d’initiation et de développement pour tous les musiciens. Enfin, le dernier cycle vous permet de développer un projet artistique personnel et se termine par l’obtention du Certificat d’Études Musicale (CEM). Vous souhaitez apprendre la musique? Détaillons ensemble les différents cursus musicaux en France qui ont pour but de former des musiciens amateurs.

 

Le 1er CYCLE

Les élèves entrent en premier cycle dès l’âge de 6 ans environ. Juste après la phase d’éveil ou d’initiation, qui elle, dure 1 à 4 ans. Le premier cycle va durer 3 à 5 ans. Il va construire et renforcer la motivation et les méthodes des élèves autour de la pratique d’une discipline instrumentale. La pratique collective, l’apprentissage de l’oreille musicale ainsi que la découverte de l’instrument jouent un rôle important dans ce premier acte de l’apprentissage.

Tous les acquis du premier cycle constituent une formation cohérente, le temps pour l’élève d’acquérir des bases solides et une première expérience dans l’expression musicale. Ces deux caractéristiques sont cruciales pour la construction de sa personnalité ainsi que pour aborder les Cycle suivants avec de bonnes bases. Ce premier cycle permet donc à l’élève de découvrir l’environnement musical en groupe et seul, avec son instrument et avec sa voix, tout en apprenant les premiers fondamentaux théoriques.

Les objectifs :

  • Développer la motivation, la curiosité musicale, le goût pour l’invention et l’interprétation
  • Avoir une base musicale saine, grâce aux combinaisons de l’oralité musicale et du langage écrit
  • Le développement d’un lien entre les méthodes sensorielles et corporelles des différents éléments du langage musical et du vocabulaire spécifique
  • Aborder une variété de répertoires : monodiques et polyphoniques, vocaux et instrumentaux
  • L’acquisition des premiers réflexes basés sur la qualité du geste, de la lecture, de l’écoute intérieure et de l’écoute des autres dans la pratique collective
  • Une première approche des différents langages musicaux par l’écoute d’œuvres, l’étude des partitions appropriées et des activités inventives tout en recherchant un équilibre entre approche du détail et perception globale

Disciplines et évaluations : 

Ce premier cycle est constituer de plusieurs disciplines telles que : La Formation et Culture Musicale du musicien, Instruments et Musique d’ensemble, ayant pour durée de 30 minutes à 1 heure par discipline dans la semaine. Les élèves sont évalués en contrôle continu puis en contrôle ponctuel, qui prend la forme d’une évaluation départementale de fin de premier cycle (fin de 4e année).

Le premier cycle peut être une fin en lui-même : il constitue alors la première expérience de la musique, qui joue un rôle décisif dans la construction de la personnalité. Cependant, il est fortement recommandé de suivre le deuxième cycle de formation pour obtenir une véritable expression musicale autonome.
Les étudiants qui réussiront l’évaluation du premier cycle, entreront automatiquement au deuxième cycle.

Saviez-vous que l’histoire du Solfège remonte à des siècles ? Toutefois, il est encore au programme dans les conservatoires. Découvrez maintenant les origines du Solfège. 

 

Formation dans la musique : Les différents cursus musicaux

Le 2ème CYCLE

Cette deuxième phase, durant de 3 à 5 ans, contribue au développement personnel approfondi de l’apprenti musicien. Tout en favorisant l’ouverture culturelle, l’utilisation du langage musical, les fondamentaux de la pratique autonome et la capacité d’occuper une place dans la pratique collective.

Le deuxième cycle prolonge et approfondit les acquis du premier cycle dans une perspective d’équilibre entre les différentes disciplines et en même temps, encourage et pousse les élèves à acquérir une autonomie musicale.

Les objectifs :

Les objectifs de ce deuxième cycle sont de pousser les élèves à approfondir leurs connaissances antérieures. Notamment en termes de maîtrise instrumentale et de connaissances linguistiques et culturelles musicale. Les élèves développent progressivement une méthode de travail, s’ouvrent à différentes formes de musique d’ensemble pour devenir des musiciens capables d’intégrer un ensemble d’amateur.

D’autre part, les objectifs sont :

  • Acquérir des méthodes de travail personnelles, favorisant la pensée critique et la prise d’initiative
  • Réaliser une première synthèse entre pratique et théorie, entre approche sensible et bagage technique grâce à l’aisance de lecture des partitions à difficulté moyenne
  • La prise de conscience structurée du langage musical à travers la mise en œuvre de méthodes analytiques

Disciplines et évaluation :

Ce deuxième cycle est constitué de plusieurs disciplines telles que : la Formation et Culture musicale du musicien, Instruments et Orchestre. Chaque discipline dure en moyenne 30 minutes à 1 heure par semaine. Les élèves sont évalués en contrôle continu et en contrôle ponctuel lors d’une évaluation départementale de fin de second cycle ou lors d’une évaluation globale départementale de fin de second cycle intégrant un projet personnel.

Le deuxième cycle termine une étape de la formation. Il permet d’assimiler tous les éléments nécessaires à une bonne pratique musicale dans un ensemble amateur.

 

Formation dans la musique : Les différents cursus musicaux

Le 3ème CYCLE

Le troisième cycle permet aux étudiants de développer des projets artistiques personnels, d’obtenir une pratique autonome et d’acquérir des connaissances structurées pour ainsi s’intégrer dans le domaine de la pratique musicale amateur. Le troisième cycle s’étale sur 2 à 4 années et il est sanctionné par le Certificat d’Études Musicale (CEM), qui confirme le niveau exceptionnel des musiciens amateurs.

Ce cycle peut être suivi par une “ formation continue ou complémentaire“. Ce cursus propose un parcours libre et personnalisé basé sur le projet de l’élève, en dehors des cycles constitués et sans certification finale.

Les objectifs

Le troisième cycle a plusieurs objectifs. Le troisième cycle prolonge et approfondit les acquisitions des précédents cycles, en vue d’une pratique autonome. L’approfondissement des techniques vocales ou des outils instrumentaux, permettent une interprétation convaincante, une maitrise des fondamentaux de l’interprétation selon les principaux styles et la capacité à expliciter ses options d’interprétation.

Disciplines et évaluation

Ce troisième cycle est constitué de plusieurs disciplines fondamentales. En prolongeant notamment celle du deuxième cycle : la Formation et Culture musicale du musicien, Instruments et Orchestre. Chacune de ses matières dures 30 minutes à 2 heures par semaine. Par conséquent, les élèves sont évalués en contrôle continu et en contrôle ponctuel. Le contrôle ponctuel est l’examen départemental de fin de troisième cycle sous forme de récital.

 

Formation dans la musique : Les différents cursus musicaux

Le cycle spécialisé et le DEM

Dans le schéma directeur d’organisation pédagogique de l’école de musique et de danse publiée en 1992, le cycle départemental spécialisé et sanctionné par le DEM (Diplôme d’Études Musicales) a été introduit dans les cursus des Conservatoires.

Le DEM ne peut être délivré qu’après avoir terminé les études conduites en CRR et CRD. Et ce sous la responsabilité d’un professeur titulaire. De plus, l’emploi du temps hebdomadaire est d’au moins 5 heures (1 heure pour la dominante instrumentale ou vocale, 2 heures pour la formation musicale et 2 heures pour la musique de chambre). À partir de la deuxième année, selon le choix de la spécialisation de l’étudiant, l’horaire de formation peut atteindre 9 heures par semaine.

Pour obtenir le DEM, les étudiants doivent respecter leurs engagements et atteindre leurs objectifs. Ceux-ci concernent trois domaines d’étude :

  • Les multiples disciplines majeures
  • L’approfondissement de la formation musicale générale
  • La réalisation de travaux personnels

Actuellement, le troisième cycle de la formation est réparti sur 3 ou 4 unités de valeur (UV), selon les établissements, la durée maximale est de 3-4 ans. L’admission est soumise à un examen d’entrée.

 

Formation dans la musique : Les différents cursus musicaux

Conclusion

Apprendre la musique en France se fait de manière globale. Elle inclut une discipline dominante, généralement instrumentale ou vocal, mais aussi une discipline de culture musicale, accompagnée d’une pratique continue et nuancé de la musique d’ensemble. Cette formation peut être enrichie par une ou plusieurs disciplines complémentaires.
Tout comme la formation, l’évaluation des étudiants est globale et déterminante. Elle couvre tous les contenus d’apprentissage. D’une part, celle-ci est effectuée en continu par l’équipe pédagogique. Et d’une autre part, elle peut prendre la forme d’examens à la fin de différents cycles. Pour évoluer vers une professionnalisation, l’apprenti musicien s’orientera ensuite vers les cycles supérieurs des conservatoires régionaux ou nationaux.
Apprendre la musique en France pour un amateur éclairé est donc tout a fait accessible et même fortement conseillé ! Il ne reste plus qu’à trouver le conservatoire le plus proche de chez vous et de vous lancer.

 

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La musique de la Renaissance

La musique de la Renaissance

Le développement des échanges économiques et culturels, l’imprimerie, les nouveaux genres musicaux, la reconnaissance des compositeurs et de leurs œuvres, sont quelques unes des caractéristiques qui ont modelé la musique de la Renaissance. N’oublions pas également le développement important de l’organologie, soit les avancées et développements liés aux instruments de musique. Découvrez les particularités de la musique de la Renaissance.

 

Introduction de la musique dans la Renaissance

La période de la Renaissance s’étend du XVe au XVIIe siècle. Elle est marquée tout d’abord par la musique Médiévale à son commencement, puis ensuite par l’arrivée de la musique Baroque à la fin de la période. La musique de la Renaissance se définit par un soin de la mélodie : un type d’écriture bien particulier et sa prosodie caractéristique dans le cas de compositions vocales. Mais aussi par l’échelle et le tempérament des compositions.

Pendant cette période, la musique était plus largement diffusée dans les écoles ainsi que dans ce qu’on pouvait appeler des conservatoires. Différents styles de musique coexistaient, contrairement à ce qu’on peut parfois penser. À la Renaissance, divers instruments de musique ont été créés pour compléter ceux hérités du Moyen-Âge.
Dans la musique Médiévale, les accords étaient composés à partir des seules combinaisons des quartes, quintes et octaves. À la Renaissance, d’autres intervalles commencent à s’étendre : les tierces et les sixtes viendront élargir la palette harmonique des compositeurs.

Dans la création musicale, de nouvelles formes émergèrent alors et furent introduites en Italie : le contrepoint et la diminution ou l’ornementation improvisée. Le contrepoint est la superposition organisée de lignes mélodiques uniques avec des dissonances contrôlées. La diminution ou l’ornement improvisé est un processus d’écriture polyphonique qui consiste à raccourcir le chant et à orner la mélodie.

 

La musique de la renaissance
Musiciennes de la Renaissance

Paroles et système de notation

À la Renaissance, la musique était influencée par les chants religieux mais aussi profanes. La musique religieuse de cette période était dominée par des cantiques populaires et des chants grégoriens. Toutefois, la tendance humaniste de l’époque influença grandement les textes mis en musique.

C’est en Italie, en quittant progressivement le domaine du sacré, que le Madrigal, une forme de musique vocale, fit son apparition. C’est à ce moment-là que les chants se sont diversifiés avec des incursions humoristiques ou anecdotiques, où se mêlent histoires de danse et d’amour.

Le système de portée était différent de celui utilisé aujourd’hui, les notes étaient écrites en formes carrées, ovales ou de losanges. Cette notation est l’héritière des Neumes Grégoriennes. La notation blanche, un type d’écriture musicale inventée sous la Renaissance, fut utilisée pour écrire des œuvres contemporaines de l’époque : le Madrigal et les musiques mondaines, qui elles, n’étaient donc pas religieuses.

Pendant la Renaissance, pour enseigner et apprendre la musique, différentes écoles ont développé leurs propres systèmes d’écriture. Lorsque la musique instrumentale commence à devenir “tendance”, de nouvelles méthodes d’apprentissage s’imposent. Par exemple, c’est au XVIe siècle que les première tablatures apparaissent, afin, entre autre, de faciliter l’apprentissage.

Les instrumentistes à cordes sont ceux qui utilisent le système des tablatures. Cela leur permet de pouvoir jouer plus simplement et rapidement des œuvres, sans pour autant recourir à l’apprentissage complet à la théorie musicale. Chacune des lignes des tablatures représentent les cordes de l’instrument. Les tablatures facilitaient la lecture des partitions et contribuaient également à la réalisation d’œuvres polyphoniques novatrices pour l’époque.

 

La musique de la Renaissance
Système de notation de la Renaissance

 

Les compositeurs de la Renaissance

À la Renaissance, les œuvres musicales se diffusent plus qu’auparavant et la période a connu un grand nombre de compositeurs notables :

  • Josquin des Prés : compositeur né en Picardie vers 1440. Son œuvre a plu et a ébahi un grand nombre de personnes, jusqu’aux célèbres Palestrina ou Roland de Lassus. Toutefois, Josquin des Prés tomba dans l’oubli pendant des siècles, jusqu’à ce que les compositeurs Charles Burney et François-Joseph Fétis n’attirent à nouveau l’attention sur lui vers la fin du XVIIIe siècle. Son style était très varié et expressif. Il composa des chansons profanes, des messes et des motets, mais son œuvre comporte aussi des pièces plus graves comme le Lamento sur la mort du compositeur Johannes Ockeghem.
  • Diego Ortiz : compositeur né vers 1510 à Tolède en Espagne. Ortiz est l’auteur du Tratado de Glosas, un recueil de Viole de gambe et de Clavecin, publié en espagnol et en italien en 1553. Ce recueil est d’une grande importance pour la technique d’ornementation et d’improvisation de la Renaissance. Et c’est aussi la première œuvre créée pour la Viole de gambe. À l’époque, ce recueil a connu un grand succès, qui vaut à son auteur la protection du Pape Jule III. Ortiz a également composé un recueil de 69 pièces de musique religieuse polyphonique.

La Viole Gambe est un des différents modèles de la Viole, un instrument du Moyen-Âge. Découvrez les autres instruments médiévaux.

 

  • Guillaume Dufay : compositeur belge né à Cambrai en 1474. En mars 1436, il interprète sa ballade Nuper rosarum flores. De là, Il acquiert une réputation incontestée et possède une autorité musicale reconnue et bénéfique sur toute l’Europe. Dufay a beaucoup servi au Vatican et dans multiples diocèses. Dufay fut l’un des plus grands musiciens de la première moitié du XVe siècle et l’un des premiers compositeurs de l’école Franco-Flamande.

 

  • Johannes Ockeghem : Ockeghem est compositeur Franco-Flamand né vers 1410. Ockeghem a apporté différents styles à ses œuvres profanes et religieuses. Il donne la priorité à la musique religieuse, essayant de transmettre une véritable impression de grandeur et de puissance. Nous gardons de lui 13 messes, le plus vieux requiem (ayant survécu), un credo isolé, une dizaine de motets et une vingtaine de chansons. Sa réputation traverse rapidement les frontières.

 

La musique de la Renaissance
Guillaume DUFAY

Les instruments de musique de la Renaissance

Bien que nombreux instruments de musique aient été hérités du Moyen Âge, bon nombre ont aussi été créés à la Renaissance :

Les Cordes

Il existait de nombreux types d’instruments à cette période de la Renaissance :

  • la Viole de gambe, la Lyre, la Arpa doppia qui est une invention de la Renaissance, le Luth qui à l’époque était l’instrument phare, la Cithare, la Vihuela, et le Violon qui est apparu à Milan

Les Bois

  • la Flûte à bec, la Flûte traversière, la Chalemie, la Bombarde, lui aussi innové à cette époque, la Cornemuse, le Graïl également appelé Hautbois occitan ou Gralla.

Les Claviers

Leur succès était de renommée mondiale, mais ce sont les compositeurs de musique sacrée de cette époque qui préféraient les instruments à Clavier. Il y avait donc le Clavecin, le Varginal, l’Orgue et l’Orgue de Barbarie.

Les Cuivres et Percussions

Les Cuivres et Percussions étaient peu nombreux à l’époque. Toutefois, il en existait quelques-uns : le Cornet à bouquin, la Saqueboute et la Trompette pour les Cuivres et le Tambourin pour les Percussions.

 

La musique de la Renaissance

Conclusion

La Renaissance a marqué la fin de l’époque Médiévale et du Moyen Âge, elle se traduisait également par une renaissance artistique. Le style de la Renaissance s’est essentiellement développé dans quatre pays ou régions d’Europe : au sud-ouest en Espagne, au nord-ouest en Angleterre, au sud en Italie et au nord dans les Pays-Bas franco-bourguignons où s’est développée l’École Franco-Flamande.

 

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