Instruments à Cordes : Comment les accorder ?

Instruments à Cordes : Comment les accorder ?

Les instruments de la famille des Cordes sont des instruments de musique dont la partie sonore est constituée par une ou plusieurs cordes. C’est la vibration des cordes qui produit le son de l’instrument. La corde est la plupart du temps composée de boyau, de nylon ou d’acier, tendue sur le corps de certains instruments de musique. Parmi eux, les instruments à cordes pincées (cordes que l’on fait vibrer avec les doigts ou un plectre), frottées (cordes que l’on fait vibrer avec un archet) ou frappées (à l’aide de marteaux). Chaque instrument de la famille des Cordes possède une façon particulière pour être accordé.

Le Violoncelle

Le Violoncelle est un instrument de la famille des Cordes frottées. Il tire ses origines d’Italie, aux environs de 1552 par Andrea Amati, luthier de Crémone qui donnera au Violoncelle les caractéristiques fondamentales qui sont les siennes depuis lors. À l’époque l’instrument était suspendu au cou de l’interprète, notamment dans les cortèges. Puis c’est au XVIIe siècle que l’instrumentiste le tient serré entre les genoux, ce qui entraîne une pression des genoux sur les éclisses. Aujourd’hui le Violoncelle se joue assis avec un archet que l’exécutant frotte sur les cordes. L’archet est un morceau de bois sur lequel est tendu des crins de cheval. Le Violoncelle est composé de quatre cordes en acier : Do, Sol, Ré et La. Il dispose d’un grand ambitus mais il est surtout à l’aise dans le registre grave. Il est cependant plus aigu que la Contrebasse et bien plus grave que le Violon.

Les cordes du Violoncelle sont numérotées de la corde la plus aiguë à la corde la plus grave :

  • Corde n°1 notée I = corde de LA : c’est la corde la plus aiguë
  • Corde n°2 notée II = corde de RÉ
  • Corde n°3 notée III = corde de SOL
  • Corde n°4 notée IV = corde de DO : c’est la corde la plus grave

Pour accorder son Violoncelle le plus courant est d’avoir la note LA pour référence. Une fois trouvée, on pourra accorder les autres cordes grâce aux quintes produites entre les cordes à vide. Pour trouver le LA, plusieurs possibilités : un accordeur, un diapason et même une application sur un smartphone.

Après avoir choisi l’un de ces outils, Dé-serrez légèrement la cheville de la corde que vous souhaitez accorder. Puis tournez la afin d’atteindre la note désirée. Testez le son produit par la corde en la pinçant avec votre doigt et comparez là à la corde suivante. En effet, vous devriez entendre une quinte juste (DO/SOL par exemple), intervalle caractéristique. Une fois la note cible trouvée, repoussez la cheville dans son emplacement afin qu’elle bloque et maintienne la corde. Répétez cette étape pour chaque corde.
Si la note est trop aiguë (# sur l’accordeur), il faut détendre la corde.
Si la note est trop grave (b sur l’accordeur), il faut tendre la corde.

Cette technique d’accord sera valable également pour le Violon, l’Alto et la Contrebasse (bien que les chevilles de cette dernière soit plus simple à verrouiller, ressemblantes à celles de la Guitare).

 

Instruments à Cordes : Comment les accorder ?
Violoncelliste

La Guitare

La Guitare est un instrument de musique à Cordes pincées. Elle a traversé diverses époques, sous différentes formes. On estime que la première Guitare remonte à 3500 ans. C’est au 19ème siècle, vers 1850 que la Guitare que nous connaissons aujourd’hui prend sa forme définitive et ce grâce au fabricant espagnol Antonio Torres. La Guitare possède 6 cordes que l’instrumentiste peut faire vibrer à l’aide de ses doigts ou en utilisant un médiator/plectre. Cependant, il existe aussi des Guitares possédant 12 cordes.

Pour régler la hauteur d’une corde, il suffit de tourner la mécanique correspondante de la corde sur la tête de la guitare. Les cordes sont numérotées de 1 à 6, en commençant par la corde la plus haute.
Tourner la mécanique vers l’extérieur de la guitare, tendra la corde et augmentera sa hauteur. Et inversement, tourner la mécanique vers vous, permettra de desserrer la corde et d’abaisser sa hauteur.

Pour pouvoir accorder sa Guitare avec un accordeur, il faut jouer chaque corde l’une après l’autre, l’accordeur interprétera les ondes sonores qu’il capte de votre guitare, et affichera les notes qu’il perçoit. Il vous dira si votre guitare est accordée en quelques secondes, et vous permettra de modifier la tension de la corde en conséquence pour ajuster sa hauteur.

Vous pouvez aussi accorder votre Guitare à l’aide d’applications gratuites et payantes pour smartphones sous iOS et Android.

La Guitare fait parti des instruments les plus pratiques pour composer. Découvrez la liste des autres instruments, tout aussi pratiques. 

Instruments à Cordes : Comment les accorder ?
Guitariste

La Harpe

La Harpe est un instrument de la famille des cordes pincées. Son ancêtre, la Harpe sur cadre, apparait entre le 8ème et le 10ème siècle avant Jésus-Christ. La Harpe fut l’un des instruments de prédilection des musiciens ambulants en Europe jusqu’au milieu du 15ème siècle. L’instrument, telle que nous la connaissons aujourd’hui, remonte à 1810 environ.

Pour accorder une Harpe, il faut commencer par la première note qui servira ensuite de référence. Usuellement, on accorde le LA à partir du diapason, mais à défaut de diapason, on peut prendre pour référence un autre instrument déjà accordé ou un accordeur électronique. Il s’agit souvent du Hautbois à l’orchestre, ou du Piano à la maison. Il suffit alors de tendre ou de détendre les cordes en tournant les chevilles à l’aide de la clef d’accord.

En général, on tend en tournant la cheville dans le sens des aiguilles d’une montre et on détend dans l’autre sens.

L’accord à l’oreille se fait toujours de manière relative, c’est-à-dire d’une note par rapport à une autre. Pour accorder à l’oreille, il faut être attentif à un phénomène d’interférence entre les harmoniques que l’on appelle battements.

 

Instruments à Cordes : Comment les accorder ?
harpiste

Le Piano

Le Piano est un autre instrument de la famille des Cordes, plus particulièrement à Cordes frappées. Les cordes sont misent en vibration par des marteaux couverts de feutrine. Le Piano-Forte, ancêtre du Piano moderne, crée par Bartolomeo Cristofari, est né au 17ème siècle. L’invention du Piano s’inspire du Tympanon médiéval et du Clavicorde qui sont des instruments à cordes frappées. L’instrument fut d’abord baptisé “ Clavicembalo col piano e forte “ qui signifie “Clavecin pouvant jouer Piano et Forte”. Cette appellation fut abrégée au profit du nom Piano.

Certains spécialistes diront qu’il faut accorder son Piano jusqu’à une fois par trimestre, soit quatre fois par an et d’autres disent qu’une fois par an est largement suffisant. Accorder un Piano est une succession d’opérations qui peuvent s’avérer complexes. Il est fortement conseillé de faire appel à un professionnel qui pourra accorder votre Piano correctement. Le faire soi-même requiert une bonne oreille ou un appareil de mesure adapté ainsi qu’une fine connaissance de l’harmonie. Enfin, cela nécessite également d’avoir un matériel adapté.

Le principe de base de l’accordage ressemble à celui de la Harpe. Grâce à une clef d’accord, l’accordeur vient tourner les chevilles des cordes, directement sur le cadre en fonte de l’instrument. Certains principes plus complexes rentrent ensuite en ligne de compte, comme par exemple le fait d’accorder plus haut que le son demandé, certaines parties du clavier, pour compenser certains phénomènes acoustiques. L’accordeur se servira soit d’un appareil, pour trouver la bonne hauteur des notes, soit tout simplement de son oreille relative en réglant les notes les unes par rapport aux autres, grâce à une note de départ de référence.

Il existe un manuel très complet qui montre aux musiciens comment entretenir leur Piano, mais aussi comment l’accorder. Ce livre contient toutes les étapes pour accorder votre piano, et des images qui vous aideront à mieux comprendre le fonctionnement de votre instrument :

  • Le piano : Accord, entretien et restauration, d’Arthur A. Reblitz.

 

Instruments à Cordes : Comment les accorder ?
Pianiste

Conclusion

Tous les instruments faisant partie de la famille des Cordes, finissent par se désaccorder. La chaleur, l’hygrométrie ou tout simplement l’usage y participent. Bien accorder son instrument demande de la patiente et de la pratique. Chacun de ces instruments possède sa propre façon d’être accordé. Évidemment, il existe diverses méthodes pour accorder son instrument mais beaucoup recommande de s’accorder sur le LA du diapason, car c’est une note de référence utilisée par tous les musiciens et disponible sur tous les accordeurs. Avec la méthode de déchiffrage Sight-O, vous disposerez de deux LA : 440hz et 442hz, afin de pouvoir vous accorder avant de commencer vos exercices. Testez gratuitement la méthode ICI, et progressez rapidement !

 

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L’évolution du Solfège vers la Formation Musicale

: L’évolution du Solfège vers la Formation Musicale

Le Solfège, aujourd’hui rebaptisé “ Formation Musicale “ dans les conservatoires, permet de savoir lire, écrire et jouer une partition de musique. Il est la base et réceptacle théorique de toutes musiques, quels que soient leurs répertoires, savant (musique classique) ou populaire (musique actuelle). Cependant ce nouveau terme de Formation Musicale n’est pas connu de tous et reste impopulaire parmi les élèves, les parents et même certains professionnels. Pour quelles raisons ce terme a-t-il été changé ? Quelles sont les différences entre le Solfège et la Formation Musicale ? Découvrons-le sans plus tarder.

 

L’histoire du Solfège et comment il s’organisait

Le Solfège s’est construit au fil du temps et des époques. À l’origine, les Grecs de l’Antiquité avaient mis au point une organisation musicale en associant des lettres de l’alphabet à des sons correspondants. Aujourd’hui encore, cet alphabet musical reste en vigueur dans les pays Anglo-Saxons et est utilisé dans le Jazz et les partitions modernes. C’est en Italie qu’est né le Solfège moderne. Il va évoluer et se structurer jusqu’à devenir vers la fin du XVIe siècle le Solfège que nous connaissons aujourd’hui.
Le Solfège est une étape importante dans l’amélioration des compétences auditives et musicales. Le pratiquer est nécessaire pour tout musicien désireux d’approfondir sa pratique musicale. En effet, Le Solfège permet :

  • La pratique du chant ou d’un instrument
  • L’interprétation d’une partition (lecture à vue, écoute intérieure, hauteurs des sons, rythmes, nuances, modes de jeu)
  • L’étude théorique des œuvres musicales
  • La composition d’œuvres musicales

Apprendre le Solfège restait toutefois assez difficile, cela nécessitant une grande rigueur. L’apprentissage du Solfège s’organisait sur plusieurs étapes :

  • Apprendre à lire les notes, qui comprend un ordre spécifique d’apprentissage: connaitre les noms des notes dans l’ordre mélodique conjoint puis connaitre les notes par succession de tierces, tout autres intervalles, etc..)
  • Apprendre à lire des rythmes avec diverses méthodes
  • Se familiariser avec la théorie de la musique (Gammes, tonalités, harmonie (science des accords), etc…)

Vous souhaitez en savoir plus sur les origines du Solfège ? Découvrez notre article qui retrace l’histoire du Solfège depuis sa création 

L’évolution du Solfège vers la Formation Musicale
Le Solfège : une étape importante

La réputation du Solfège

Trop complexe, long, rébarbatif, voici les adjectifs que certaines personnes utilisaient pour qualifier la pratique du Solfège. Pour certains, le mot “ Solfège “ était synonyme de “travail fastidieux et interminable“. Avec cela apparut l’adage que le Solfège pouvait éteindre à jamais la passion originelle d’une personne pour la musique.

Dans le système officiel d’apprentissage de la musique, le Solfège occupait une place prépondérante et c’est dans les conservatoires qu’il était enseigné pendant au moins 8 ans et ce de façon obligatoire. Le Solfège est très vite devenu la bête noire du cursus du musicien. Le reproche est né d’une image installée, celle d’un enseignement purement théorique qui met les élèves devant des exercices de rythme, de lecture ou de dictée complètement dissociés de leur pratique instrumentale.

L’idée d’apprendre le Solfège aura beaucoup effrayé. En réalité, les personnes concernées sont surtout inquiètes de faire face à un apprentissage complexe et peu concret. Par ailleurs il est souvent dit que maîtriser le Solfège, comme tout conditionnement, pourrait altérer la créativité.

En effet, certains musiciens pensent que les experts en théorie musicale ne font qu’appliquer les connaissances acquises. Ainsi, l’émotion dans l’interprétation pourra manquer et la moindre improvisation deviendra une épreuve d’application de recettes prémâchées.

Mais si ces reproches ont la peau dure, c’est aussi parce que l’enseignement de la discipline a pendant longtemps été faites pas des professeurs rigides et peu enclins à transmettre avec passion la richesse et la grande utilité de ces savoirs. Car avec la forme, le fond importe peu.

Un article du Monde datant de 2012 a évoqué le “cauchemar“ vécu par les jeunes musiciens qui ont appris le Solfège au conservatoire. À priori, nombreux sont ceux qui ont arrêtés les études du jour au lendemain.

Cette peur du Solfège ne concerne pas uniquement les jeunes. Beaucoup d’adultes qui souhaitent apprendre à jouer d’un instrument de musique redoutent l’idée de commencer par le Solfège et certains d’entre eux hésitent à intégrer le conservatoire ou une école de musique qui applique la méthode d’apprentissage traditionnelle.

Pourtant, maîtriser le Solfège présente d’énormes avantages. La majorité des musiciens qui ont réussi leur cursus en matière de théorie musicale se démarquent par leur virtuosité et leur compréhension de leur art.

 

L’évolution du Solfège vers la Formation Musicale
Jouer du Solfège présente de nombreux avantages

 

Qu’est-ce que la Formation Musicale et comment elle s’organise ?

La Formation Musicale est souvent confondue avec le Solfège. Certains gardent de très mauvais souvenirs du Solfège et les “À priori “ sont légion quand on évoque cette méthode d’apprentissage.
C’est en 1977 que la Direction de la musique du Ministère de la Culture met en place une commission chargée de la réforme. Dans les conservatoires, le terme Solfège devient alors Formation Musicale. Ce changement entrainera également une réforme de l’apprentissage en lui même.

Dans un document intitulé “Étude de formation musicale“ publié en 1977, la Direction de la musique du Ministère de la Culture nous dit “ Partir de la musique pour en découvrir le langage et ses techniques est plus formateur qu’une étude analytique abstraite, élément par élément, desséchante par définition, dont l’usage démontre qu’elle tourne souvent le dos au but à atteindre : la connaissance et l’apprentissage de la musique.“

En France, les cours de Solfège ont donc été remplacés par les cours de Formation Musicale, dit “FM“. Le Solfège ne fût pas pour autant complètement abandonné dans l’apprentissage à proprement parlé. La discipline devint une sous partie de la Formation Musicale, pratiqué dans une moindre mesure et plus diffuse au milieu d’autres apprentissages devenu plus concrets.

En Formation Musicale, nous chantons, nous écoutons et commentons des oeuvres importantes du répertoire. Nous lisons la musique et nous l’écrivons. Les rythmes peuvent être effectués et ressentis avec le corps ou l’instrument et la créativité musicale est elle aussi stimulée par des initiation à la composition et à l’arrangement.

La Formation Musicale comporte dans la plupart des cas :

  • Le Solfège (apprentissages de base en lecture, rythme et théorie)
  • Le Chant
  • La pratique du Rythme
  • Les Dictées Musicales
  • L’Analyse
  • Les bases de l’Harmonie
  • La Culture Musicale et l’Histoire de la Musique
  • L’apprentissage de l’Écoute et de la Critique Constructive

 

L’évolution du Solfège vers la Formation Musicale
Du Solfège à la Formation Musicale

Pour ou contre la Formation Musicale ?

La place de la Formation Musicale dans l’enseignement de la musique au conservatoire continue à diviser. D’autant plus que ce type d’enseignement est une spécificité française, et les autres pays abordent la théorie musicale bien différemment.

Beaucoup de compositeur pensent que le Solfège reste une force en France. Le compositeur et ancien directeur du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris Bruno Montovani estime que les cours de Solfège français sont très structurés et donc meilleurs que les pays asiatiques qui apprennent sur le tas ou même l’Allemagne qui enseigne différemment des français ce qui fait que les musiciens d’orchestres Allemands ne deviennent pas des As du déchiffrage.

D’autres compositeurs tels que Marc-Olivier Dupin, estime qu’il faut garder la Formation Musicale réservée aux futurs professionnels. À l’image du Solfège spécialisé qui autrefois, était enseigné aux futurs musiciens à l’adolescence.

 

Les différents avis sur le Solfège, Pour ou Contre ?

Conclusion

On en conclut que la musique est au cœur du dispositif et que la Formation Musicale c’est comprendre la musique en la pratiquant. C’est elle qui va diriger les idées, qui va diriger
les projets, qui va diriger aussi le contenu d’un cours. Grâce à la musique, on déterminera les éléments dont on a besoin. Parmi ces éléments, il y a les différentes composantes du Solfège. Aujourd’hui, le terme Formation Musicale a encore du mal à se faire une place dans le vocabulaire musical. Peu de personnes connaissent ce terme et continuent de se référer au traumatisant “ Solfège ”.

 

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