La surdité de Beethoven : un obstacle à son génie ?

Quelle serait la pire épreuve pour un musicien ? Vous répondriez probablement “devenir sourd” et nous serions d’accord avec vous… L’oreille est le coéquipier de vie de tous les musicien(e)s. Intéressons-nous à l’histoire de Ludwig van Beethoven, l’un des compositeurs les plus talentueux de l’histoire de la musique occidentale, qui fût touché par une surdité importante.

Lorsque l’on s’intéresse à Ludwig van Beethoven, on se rend compte que le compositeur Allemand a dû faire face à un véritable supplice, voyant son audition disparaitre peu à peu au fil du temps. On ne peut donc qu’être admiratif du talent du compositeur et de sa capacité à entendre intérieurement l’entièreté d’un travail titanesque et sommes toutes, génial. Malgré son handicap, il livra des œuvres grandioses en fin de vie. Comment ce drame est-il arrivé ? Comment Beethoven a-t-il vécu sa surdité ? Cela s’est-il traduit dans ses œuvres ? Menons l’enquête.

 

La perte de l’Ouïe, la pire des infirmités pour un musicien

Différentes causes ou maladies peuvent avoir raison de l’ouïe d’un individu. Mais le facteur principal reste en général le simple vieillissement de l’oreille. Aujourd’hui, certains musicologues ont déterminé les phases de surdités de Beethoven au cours de sa vie. Tout d’abord, il est dit que les premiers bourdonnements et autres bruits nuisibles seraient apparus au cours de l’année 1796, soit lorsque le virtuose était âgé de seulement 26 ans. La situation s’aggrave pendant les quatre années suivantes. Alors âgé de 30 ans, les professionnels de la santé estiment que Beethoven avait déjà perdu 60% de ses capacités auditives. Puis, son niveau de surdité devient total en 1816.

Pour ce qui est des raisons de cette surdité, la première hypothèse est celle d’une labyrinthite d’origine intestinale, soit une lésion de l’oreille interne. On parle de surdité de transmission. L’oreille moyenne aurait été touchée la première, cela évolua vers l’oreille interne ensuite.  Il peut être aussi question de la maladie de Paget : il s’agit d’une pathologie chronique rare qui affecte particulièrement le squelette. Ses os se seraient alors épaissit jusqu’à compresser et abimer le nerf auditif. Enfin, on émet l’idée que cela pourrait provenir d’une cause post-traumatique après une chute ou des coups violents portés par son père alcoolisé.

 

La surdité de Beethoven : un obstacle à son génie ?

La peur de perdre son unique raison de vivre

Beethoven sombre petit à petit dans une dépression morbide. Il ne peut supporter cette indignation. Le compositeur qui est un si grand pianiste, se voit priver de son sens le plus précieux. Souffrant de terribles acouphènes et de troubles auditifs, il trouve refuge dans l’alcool. De plus, il ne peut accepter le regard que lui porterait les autres s’ils découvraient sa surdité. Il se renferme donc sur lui-même, au point de se couper du monde extérieur. Froid et distant seront donc les adjectifs pour le qualifier à cette époque. Il développe également peu à peu une haine profonde pour certains médecins, qu’il considère comme des charlatans. Ces derniers ne seraient pas parvenus à le soigner. Pire, ils auraient pu aggraver les choses. Ludwig van Beethoven commence à porter en lui des envies suicidaires.

Après son décès, on retrouva une lettre, le “Testament d’Heiligenstadt” qu’il avait écrit pour ses frères. Dans celle-ci, Beethoven se livre pour la première fois sur sa surdité qu’il tentait de cacher par tous les moyens, ainsi que sa révolte. Il parle de sa colère d’avoir cru à une possible guérison, mais aussi de son incapacité à se montrer en public. Il lui était impossible de demander aux gens de parler plus fort voir crier car il ne pouvait les entendre. Beethoven n’arrive pas à accepter sa situation. Selon lui, sa notoriété allait s’envoler avec son ouïe. On constate également dans cette lettre que la seule chose qui l’empêcha de se donner la mort était l’art. L’abnégation profonde de Beethoven pour continuer ses travaux comblera tant bien que mal les manques d’une vie devenue très difficile.

 

La surdité de Beethoven : un obstacle à son génie ?

 

La tentative de vaincre la maladie : les solutions pour “ré-entendre”

Notre virtuose se voyant dès 1798 privé d’une grande partie de son ouïe, va chercher des manières de résoudre son problème. Dans un premier temps, il expérimenta le cornet acoustique. Ses capacités auditives réduites pouvaient être améliorées par l’appareil lors des répétitions et des concerts, mais son efficacité n’est pas évidente. À partir de 1818, ne pouvant plus entendre quelconques sons, il fait le choix d’avoir recours à un carnet afin de correspondre avec ses interlocuteurs. Ceux-ci écrivaient sur le livret de correspondance et Beethoven leur apportait la réponse à haute voix.

Mais comment faisait-il pour composer de nouvelles œuvres ? Il chercha à ressentir de tout son corps les ondes sonores plutôt que de les entendre uniquement avec ses oreilles.

Plusieurs anecdotes circulent à ce propos sur sa façon de fonctionner et deux hypothèses sont mises en avant. La première dont beaucoup de professeurs font la narration à leurs élèves est le fait que le compositeur ait cassé son piano. Il est dit que pour compenser sa surdité, Beethoven se serait débarrassé des pieds de son piano pour mieux ressentir les vibrations de sa musique sur le sol.  D’après certaines rumeurs, celui-ci taperait tellement fort sur son piano pour redécouvrir à nouveau le plaisir d’entendre qu’il aurait eu de nombreux problèmes de voisinage.

La seconde hypothèse racontée est celle comme quoi il utilisait une technique auditive permettant de répondre à la surdité. On parle de “conduction osseuse”, il coinçait une règle en bois entre ses dents, l’autre extrémité étant posée sur la table de piano, la règle transmettait les vibrations du piano à la mâchoire qui faisait vibrer les os de l’oreille interne encore fonctionnel. Il percevait les notes ainsi !

 

La surdité de Beethoven : un obstacle à son génie ?

 

La surdité et l’influence sur son art

Souvent, lorsque la surdité intervient dans la carrière d’un artiste, il décide de changer de voie plutôt que de devoir affronter la situation. C’est le cas du compositeur et organiste britannique, William Boyce qui fit le choix de devenir éditeur. Mais aussi, le compositeur français Gabriel Fauré qui abandonna la direction du Conservatoire de Paris pour se consacrer pleinement à la composition.

Beethoven suivra le même chemin que ces derniers, il se résoudra à oublier ses activités d’interprète et de chef d’orchestre pour se concentrer pleinement sur la composition. Il est difficile de comprendre à quel point Beethoven s’engagea dans un combat acharné pour donner un sens à sa vie.  Le compositeur arrivait encore à entendre sa musique mentalement et composer alors ses œuvres les plus profondes, notamment ses dernières sonates. Il composa des œuvres inaccessibles pour des musiciens sans once de virtuosité. L’une des plus importantes et difficiles reste la “Hammerklavier”.

Elle comprend 4 mouvements jouables en 45 minutes. Certains musiciens expliquent que l’œuvre est impressionnante de complexité au point qu’il leur est impossible d’apprendre complètement l’opus au cours d’une vie. Au fil des années, Beethoven privilégia les sons médiums et graves au détriment des notes aiguës qu’il ne percevait plus avec son audition. Beethoven nous livre même après sa surdité un travail monumental.

 

Conclusion

La combinaison surdité et virtuosité est-elle possible ? Beethoven nous présente l’étendue de son talent en continuant d’écrire avec des techniques qui lui sont propres. Réussir à ne pas sombrer dans la dépression et à ne pas abandonner la musique fût pour lui un véritable défi. Le compositeur ne cesse encore aujourd’hui de susciter l’admiration et génère des débats autour de la complexité des œuvres de la fin de sa vie. La surdité l’a-t-elle aidé à donner une nouvelle dimension à ses œuvres ?

 

 

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La reconnaissance audio de Sight-O : les conditions optimales

Comme vous le savez probablement déjà, Sight-O dispose d’une technologie de Reconnaissance Audio qui permet de comparer votre prestation de déchiffrage à la partition que vous venez de jouer. Pour que cette technologie soit pleinement efficace, quelques règles sont à respecter.

Grâce au micro de votre ordinateur ou de votre tablette, nos algorithmes relèvent et comparent votre prestation aux notes et aux rythmes présents sur la partition. Cela nous permet de repérer à la fois et quels types d’erreurs ont été commis. Après de savants calculs, nous vous décernons un score qui reflète votre prestation.

Toutefois, l’objectif n’est pas de relever à la virgule prêt la Ô combien sublime interprétation que vous ferez des exercices de Sight-O. La beauté de votre son de violon, la qualité de votre embouchure ou encore l’extrême élégance de votre phrasé, seront toujours bien mieux évalués par votre professeur(e) (que Sight-O ne remplacera jamais) que par tous les algorithmes de l’univers.

Le rôle de la reconnaissance audio de Sight-O est avant tout d’évaluer votre capacité en lecture à vue face à une partition que vous ne connaissez pas, en allant à l’essentiel.

LE PARAMÉTRAGE DE VOTRE MICRO

Pour vous corriger, Sight-O doit avoir accès au micro de votre ordinateur ou de votre tablette.

Lors de votre premier exercice sur Sight-O, une petite fenêtre apparaitra pour vous demander d’autoriser l’accès à votre micro. Veillez à bien cliquer sur Autoriser

Autorisation micro

Si cette fenêtre n’apparait pas ; si vous ne voulez pas répéter l’opération à chaque exercice ; pour tout autre raison, voici la marche à suivre :

ORDINATEURS FIXE ET PORTABLE, TABLETTES NON APPLE :

• Chrome (conseillé par l’équipe)

  1. Ouvrir Chrome
  2. Aller dans le menu Chrome puis Paramètres
  3. Cliquer sur Confidentialité et sécurité
  4. Aller dans Paramètres des sites puis Micro
  5. Vérifier que le micro de l’ordinateur/tablette est bien sélectionné
  6. Débloquer Sight-O si il apparait dans les sites bloqués par Chrome
  7. Vérifier que Sight-O est bien autorisé à accéder à votre micro
                   Chrome | reconnaissance audio
          Chrome

Safari (uniquement utilisateurs Mac)

  1. Ouvrir Safari
  2. Aller sur https://www.sight-o.io
  3. Aller dans le menu Safari
  4. Cliquer sur Préférences puis Microphone
  5. Sélectionner Autoriser dans le menu déroulant à droite du site sight-o.io
                   Safari | reconnaissance audio
              Safari
APPLE IPAD :

Safari (conseillé sur iPad) :

  1. Aller dans les Préférences de votre iPad
  2. Faire défiler la partie gauche avec la liste des applications
  3. Sélectionner Safari
  4. Descendre la fenêtre et aller dans Micro
  5. Sélectionner Autoriser
                  Safari iPad | reconnaissance audio
             Safari iPad

LA MUSIQUE DÉCORE LE SILENCE (Gustav Mahler)

Comme le dit élégamment Gustav, le silence dans la musique est parfois essentiel…

Ce qu’on essaie de vous dire, c’est que pour que Sight-O soit pleinement efficace, vous devez être dans un endroit calme avec le moins de bruit possible. Plus le bruit de fond sera bas, plus notre algorithme pourra évaluer précisément votre prestation.

LE MÉTRONOME, CHUT!

Quoi? Vous utilisez encore le Métronome avec Sight-O? On vous l’a pourtant déconseillé dans cet article. Admettons que ce soit le cas : nous vous recommandons de réduire le son de vos enceintes au minimum.
Dans le cas contraire, le son du métronome pourra perturber la reconnaissance audio. Le top du top : utilisez des écouteurs!

JOUEZ AVEC PRÉCISION

Plus facile à dire qu’à faire me direz-vous… Mais cela va de soi : plus vous serez précis d’un point de vue du rythme et de la justesse, plus vous serez noté convenablement.
Notre algorithme comporte une tolérance pour accepter une certaine dose de fluctuation… Mais ne poussez pas le bouchon trop loin, hein.

Très important : notre algorithme de reconnaissance audio se base sur la première note de l’exercice en valeur de temps. Traduction : Si vous ne jouez pas la première note de l’exercice, vous risquez d’avoir tout faux! Concentrez-vous bien pour le départ… 3, 2, 1, GO!

ACCORDEZ-VOUS

Nous avons usé d’intelligence artificielle pour calibrer en temps réel notre diapason par rapport à l’accord de votre instrument. N’oubliez pas cependant que tout abus est mauvais pour la santé!
En somme, avant de jouer un exercice, accordez-vous. Vous disposez de deux LA (440Hz et 442Hz) dans le panneau de commande des exercices, n’hésitez pas à les utiliser.

Si malgré toutes les précautions pré-citées, il vous arrive de rencontrer des erreurs totalement injustifiées lors de vos rapports d’erreurs, n’hésitez surtout pas à nous remonter les infos ICI. Nous améliorons sans cesse notre algorithme et si en plus vous nous aidez, c’est génial.

Le changement de portée : devenez imbattable

Le changement de portée : devenez imbattable

Vous venez de terminer un exercice et vous avez eu quelques soucis en fin ou en début de portée? Dans cet article vous trouverez les clés pour que le changement de portée devienne l’une de vos grandes forces.

Changer de portée en déchiffrage peut parfois s’avérer délicat. Après une ligne à tenir bon, arrive l’obligation pour vos yeux d’effectuer un “saut” équivalent à la distance déjà effectuée… d’un seul coup d’œil ! Il s’agit donc d’un geste crucial qui peut engendrer, selon qu’il soit mal ou bien exécuté, un retard qui compliquera vos affaires, comme une aisance grandement appréciée.

Nous vous avons donc préparé trois précieux conseils qui vous permettront d’optimiser votre changement de portée.

 

1-SOIGNER SA LECTURE PRÉPARATOIRE

Si ce n’est pas déjà fait, nous vous encourageons à lire ou relire l’article à propos de la méthodologie en lecture à vue.

Vous êtes sur le point d’aborder un nouveau texte musical en déchiffrage. Ne commencez pas bille en tête, jamais! Parcourez la partition en quelques secondes. Attardez-vous plus particulièrement sur chaque fin et chaque début de portée. Repérez et mémorisez les éventuelles difficultés situées dans ces zones.

 

2-LE SPRINT DE FIN DE PORTÉE

Avant chaque changement de portée, nous vous encourageons à prendre une avance plus importante par rapport au cache. C’est ce que nous appelons le sprint de fin de portée. En prenant 1 à 3 pulsations d’avance (selon que le tempo soit lent ou rapide), vous permettrez à votre cerveau de mieux anticiper d’éventuelles difficultés.

Et oui, la lecture à vue peut aisément se comparer à un… “sport” !

 

3-LA ZONE BLANCHE

Vos yeux sont directement en lien avec votre cerveau : les yeux voient, le cerveau reçoit et traite l’information.
Parfois, une soudaine accumulation d’informations peut entrainer un stress qui a pour conséquence de troubler le bon fonctionnement de cette mécanique.

Il faut donc aménager des micros temps de repos à vos yeux, afin qu’ils puissent se désinhiber. Ces repos prennent place dans les changements de portée.

Pour désinhiber votre œil, il vous faudra passer un certain temps sur la zone blanche se trouvant avant la clé de la nouvelle portée => voir ici
Grâce à ce petit moment de calme, votre œil reprendra sa lecture serein et pleinement opérationnel.

Vous savez tout du changement de portée, il suffit maintenant de mettre en application !